Le mur

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  • Publié le : 13 juin 2011
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LE MYTHE DE ROBINSON CRUSOE

L'univers des Eloges se réfère au mythe de Robinson Crusoé.

Il est le héros de Daniel Defoe : Robinson Crusoé, marin, vécut 28 ans tout seul sur une île déserte de la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque ; ayant été jeté sur le rivage à la suite d'un naufrage où tout l'équipage périt sauf lui. Il fut à la fin délivré par despirates. L'ouvrage parut en 1719.
Il fut le héros littéraire favori de Francis Jammes, lui-même poète et ami de SJP.
Son nom apparaît plusieurs fois dans sa correspondance et ses mémoires et aussi dans son oeuvre.
Cependant, les deux images que Jammes et Léger donnent de Crusoé sont fort différentes.
D'abord parce que la seule insularité que Jammes ait connue est celle de son jardin ou de sarégion, le Béarn qu'il quitta si peu en sa vie. Ainsi, l'évocation de la vie insulaire de Jammes est très allusive.
Ensuite, parce que le poème de Jammes se termine à l'inverse de celui de Léger. Il se termine sur l'image d'une installation de Crusoé, devenu grand négociant, avec femme et enfants.
Enfin, le poème de Jammes est pessimiste, ceux de Léger optimistes : Crusoé porte un regard heureuxsur le monde, vivre est en soi un bonheur.
SJP, lorsqu'il s'adresse à Crusoé, le tutoie et utilise le « je » lorsqu'il parle de lui. Le « tu » s'impose comme l'autre pôle du « je ». Tutoyant, je me parle aussi à moi-même. Je et tu sont miroirs l'un de l'autre ; Deux voix se mêlent, celle de l'enfant et celle de l'adulte. Le poète se dédouble en s'adressant à celui qu'il a été.

LE MUR

LECONTRASTE VILLE/ILE

RESULTANT DE LA STRUCTURE DU TEXTE
L'importance accordée à chacun des 2 thèmes, aujourd'hui et jadis ainsi que la place de chacun permet de voir une volonté de composition de la part du poète. Le Mur évoque aujourd'hui, puis dans un second temps jadis, avec une place plus importante consacré à jadis.
Ainsi, à travers cette structure, le glissement semble aisé vers lerêve de l'île. On passe ainsi du 3pan de mur » à « ton île », du « goût des graisses » au « miel fauve », des « sauces infectes » au « goû de fruit vert ».
Tout un monde est prêt à resurgir, en rêve avec les incipits : mais l'image pousse son cri, Et tu songes . L'emploi du verbe songer traduit le début du rêve. En lui, s'opère le passage de la réalité à la rêverie, de la ville à l'île, del'artificiel au naturel.

RESULTANT DE PROCEDES STYLISTIQUES ET D4UNE GRANDE HABILETE POETIQUE
Opposition entre le « pan de mur » et le « cercle de ton rêve » dès le premier vers. Le pan de mur traduit l'univers de la ville, le cercle de ton rêve l'univers de l'île.
Dans la ville, l'espace est limité, le regard vient buter sur le « pan de mur ». Pas d'échappées possibles non plusvers le haut, « l'ardoise couvre leurs toitures » dans la Ville.
L'île, c'est le « cercle de ton rêve ». Dans une lettre à son ami Frizeau où il décrivait l'une des petites îles des Antilles, SJP écrivit : Cet O est celui même de la forme île.
SJP révèle ainsi l'essentiel secret de l'espace insulaire, contenu dans sa forme ronde qui révèle des qualités de perfection, d'équilibre.
Leverbe « conjurer » dans son acceptation « détourner par habileté » semble accentuer l'idée de l'enfermement subi par Robinson en suggérant que le mur repousse son rêve.
Opposition entre une ville malade, polluée, sale . Tout est sale : le fauteuil sur lequel Robinson appuie sa tête est gras, sa bouche est infectée par le goût des graisses et des sauces et une île qui est pure, merveilleuse, unlieu de vie et d'innocence : « nuées pures », « aube verte », « toiles pures ».
Opposition ville/île marquée par une opposition entre un vocabulaire concret, « la tête », « les dents », « la langue », « las gencives » et un vocabulaire plus abstrait, plus imagé pour caractériser l'île : « nuées pures », « aube verte », « acre insinuation ».
Parenthèse : SJP est un poète du réel, du...
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