Le mythe canadien

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  • Publié le : 15 septembre 2010
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L’invention d’un mythe
L’amendement de la Constitution Canadienne en 1867 amorce un changement drastique dans les relations entre les communautés qui interagissaient auparavant dans un territoire qui constituerait plusieurs années plus tard, le Canada moderne. Tout comme aujourd’hui, ces communautés (devenues provinces) étaient constituées d’entités collectives ayant pour la plupart leurpropre culture et langue. La théorie du pacte, élaborée après la confédération de 1867, tente de reconstruire les origines historiques du pays. Elle décrit la confédération de 1867 comme l’aboutissement de la volonté politique de fusionner les territoires afin de renforcer un Canada uni au niveau économique, culturel, politique afin entre autres de prévenir la menace de l’expansion américaine,d’assouvir le désir de la bourgeoisie d’élargir son marché ainsi que d’autres facteurs géopolitiques. Dans sa thèse « L’invention d’un mythe », Stéphane Paquin tente de réfuter le caractère utilitariste de cette théorie en invoquant, dans un premier temps, l’égoïsme de chacun des deux peuples dites fondateurs du Canada, et dans un second temps celui des gouvernements territoriaux pour exprimer lesfaussetés historiques qui découlent de la théorie du pacte. Selon Paquin, l’intérêt de créer un pays relèverait plutôt d’une volonté de protéger et conserver la culture locale de chacune des nations (celle des provinces et des deux peuples fondateurs). « L’invention d’un mythe » est scindé en deux parties. La première, intitulée « Pour en finir avec la théorie du pacte », explore et critique la validitéhistorique des différentes théories du pacte. Dans la seconde partie, « Faux et usages du faux` », l’auteur insiste plutôt sur le rapport entre les peuples fondateurs et le nationalisme en procédant à une revue historique des débats constitutionnels qui se sont tenus au Canada depuis 1867. Le texte qui suit se veut une revue ainsi qu’une critique des différents arguments invoqués par M. Paquin poursoutenir sa thèse. Il sera question de l’idéologie derrière la théorique du pacte ainsi que de l’importance de la culture et du poids démographique dans les débats politiques canadiens.
Selon Paquin la théorie du pacte a connu plusieurs variantes dans l'histoire politique et constitutionnelle canadienne La première théorie inventée est celle du « pacte entre provinces », qui se transforma plustard au Canada français en théorie du « pacte entre deux peuples fondateurs ». En premier lieu, Paquin tente de démontrer que la théorie du pacte est une idéologie sans fondement juridique. En effet, elle serait la conséquence directe de l’omission de définir le processus d’amendement de la constitution qui est un document juridique fondamental où sont établies les règles de fonctionnement etd’organisation du nouvel état canadien (Paquin, p.21). Ainsi, comme la fédération canadienne est composée de deux paliers gouvernementaux qui ont chacun des pouvoirs définis (les municipalités étant encore considérées comme des inventions des provinces), cette omission risquait de transformer le Canada en État unitaire dans l’éventualité où le fédéral modifierait unilatéralement la constitution. Or,cette formule n’est pas incluse dans l’Acte de l’Amérique du Nord en ce qui concerne les pouvoirs du gouvernement fédéral (Paquin, p.21). De là découle l’idée du « pacte entre deux peuples fondateurs » d’une part chez les politiciens de la seule province francophone et d’autre part celle du « pacte entre des provinces » chez les politiciens anglophones. Pour les politiciens provinciaux, le butest de combler cette lacune de la constitution canadienne et de donner plus de pouvoir aux provinces canadiennes sur ce point précis. En effet, la théorie du pacte sous entend que l’accord des parties du pacte est indispensable pour toute modification constitutionnelle (Paquin, p.22) De ce fait, étant donné l’absence de la théorie de pacte dans la Constitution, elle n’a aucun pouvoir...
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