Le mythe de sisyphe camus

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  • Publié le : 10 avril 2011
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Julia Nahmani Groupe 408

4PODF04 Collège de Candolle

Synthèse du cours du lundi 7 février 2011 Extrait n°5
« Insistons encore sur la méthode : il s’agit de s’obstiner. »
Pour comprendre le sens de cette phrase, il est nécessaire de rappeler les principaux éléments du mouvement réflexif de Camus : 1) Définition de l’absurde comme seule vérité : le monde (Nature+Homme) n’a pas de sens 2)Condition sine qua non à l’absurde : confrontation perpétuelle entre 2 termes contradictoires : un monde irrationnel qui nous dépasse et un désir humain de clarté  « L’absurde n’a de sens que dans la mesure où l’on n’y consent pas » (fin du 4ème extrait) puisque consentir à l’absurde, c’est se réconcilier avec le monde et de ce fait, mettre fin au « divorce » entre l’Homme et le monde, conditiond’existence de l’absurde. 3) Seule position psychologique viable : maintien de l’absurde par la révolte permanente ; révolte qui constitue l’essence même de l’absurdité

« On lui demande de sauter. »
Lui, c’est l’ « homme absurde », c’est celui qui a pris conscience de l’absurdité du monde et qui entretient cette vérité dans une lutte perpétuelle. On, ce sont ces enjôleurs qui tentent par leursdiscours religieux mais aussi politiques, économiques ou sociaux, de donner sens à un monde qui n’en a pas. Camus développe l’exemple de la morale chrétienne qui inculque des notions de culpabilité (c.f. Nietzsche), de péchés et de vie après la mort pour pallier l’absence de sens existentiel. Sauter, cela signifie adhérer à ces théories, ce qui revient à nier l’absurde même, à briser ce cycle sansfin de révolte qui permet à l’absurde de subsister. Or, l’homme absurde veut seulement vivre avec « ce qu’il sait », cette seule vérité du sentiment de l’absurde. « Il veut savoir s’il est possible de vivre sans appel », c’est-à-dire de vivre sans remettre en cause cette vérité absolue. Homme Monde = Le saut

« Vivre, c’est faire vivre l’absurde. Le faire vivre c’est avant tout le regarder. »Face à l’expérience de l’absurde, 2 réactions sont possibles : -soit on se dit qu’il ne s’agit là que d’un moment d’égarement et l’on retourne à son quotidien mécanique et rassurant (-) -soit on prend réellement conscience de l’absurdité du monde et deux possibilités s’offrent à nous : 1)sortir délibérément de ce monde insensé=suicide (-) 2)faire face à l’absurdité du monde=rétablissement (+) Audépart, le suicide pourrait apparaître comme une solution face à l’absence de sens existentiel (=la vie n’a pas de sens : faut-il en finir?).

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Julia Nahmani Groupe 408

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Or, c’est précisément parce que le monde a perdu tout sens, que l’existence est dépouillée de ces illusions qui l’encombraient et que l’homme n’est plus dans l’attente d’un sens qui ne sauraitvenir, que la vie vaut la peine d’être vécue telle qu’elle est réellement. Vivre ainsi, cela signifie avant tout être à la fois conscient de l’impossibilité d’échapper à l’absurdité du monde et se trouver à chaque instant en révolte contre cet état du monde. Aussi, l’absurdité n’est plus un frein, comme dans le cas du suicide, mais bien un moteur qui puise son énergie dans cette antinomieirréductible.

« À sa manière, le suicide résout l’absurde. Il l’entraîne dans la même mort. »
L’ineptie du suicide apparaît ici clairement : mettre fin à ses jours de manière totalement délibérée, c’est par métaphore déposer les armes au moment où l’on doit affronter l’absurdité du monde, et fuir au combat, c’est annihiler toute forme d’absurde puisque l’absurde ne peut se conserver que dansl’opposition.  « Il (l’absurde) échappe au suicide, dans la mesure où il est en même temps conscience et refus de la mort. » = Le suicide ne constitue pas, comme on pourrait le croire, la suite logique d’une conscience de l’absurde puisque prendre conscience de l’absurde comme unique vérité existentielle, c’est comprendre que cette vérité ne peut perdurer que dans une posture paradoxale constituée de...
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