Le mythe de sisyphe

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  • Publié le : 6 juin 2010
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L’ oeuvre d’Albert Camus, longtemps après sa mort, reste encore très actuelle. Il est sans doute l’un des rares écrivains français à ne pas avoir connu l’oubli. Les œuvres philosophiques, Dans le Mythe de Sisyphe (1942) il se pose des questions qui ont comme point de départ le rapport avec la mort. Son premier essai s’œuvre donc sur le problème du suicide. Puisque sa philosophie est morale, Camuscherche des solutions spirituelles et métaphysiques qui remettent en question « les fondements des choses et des valeurs ». Dans Le Mythe de Sisyphe il affirme dès le début : « Il n’y a qu’un seul problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger si sa vie vaut ou ne vaut pas d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie ». Le sentiment de l’absurdequ’il avait transposé déjà dans le roman L’Etranger, trouve ici une clé d’ interprétation. « Quel est donc cet incalculable sentiment qui prive l’esprit du sommeil nécessaire à la vie ?-écrit-il
Mais Camus tire des conséquences de cette constatation de l’absurde : il faut donner un sens à la vie puisqu’ « il s’agit de vivre ». Et voilà que Sisyphe, l’homme condamné par la colère des dieux « à roulersans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait par son propre poids »,arrive par son geste absurde à donner une signification à son être. Selon Camus il s’agit de s’obstiner , et à travers l’absurde se débarrasser de tout sentiment de culpabilité, retrouver une lucidité et une nouvelle innocence.
Le Mythe de Sisyphe est fortement lié à un refus de l’histoire, ainsiqu’elle se présentait juste avant la guerre. On se sent étrangers à un monde dominé par une fausse rationalité, par de fausses valeurs qui mènent aux crimes et aux massacres de la guerre. Mais tout de suite après avoir refusé tout engagement dans l’histoire, Camus ainsi que Sartre et la nouvelle génération intellectuelle ressentent le besoin d’un autre engagement qui porte à une prise de consciencecollective et politique. Sartre fonde « Les Temps Modernes » ; Camus écrit L’Homme révolté afin de surmonter l’impasse de l’absurde. Il se rend compte que la dimension paralysante d’une vie sans raison d’être ne peut mener qu’au suicide ou à l’apathie, ce qui favorise l’injustice et la tyrannie. Il faut donc poursuivre « devant le meurtre et la révolte une réflexion commencée autour du suicide etde la notion de l’absurde ».
Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.
Pourquoi une telle punition ? Camus cite plusieurs versions du mythe, la plupart expliquant la punition deSisyphe par une insulte faite aux dieux. Une version prête à Sisyphe, mourant, la volonté d'éprouver l'amour de sa femme, en lui demandant de ne pas lui donner de sépulture et de jeter son corps sur la place publique, après sa mort. Selon une autre version, Sisyphe découvrit la liaison entre le maître de l'Olympe, Zeus, et Egine ; il s'en alla monnayer l'information auprès du père, le fleuveAsopos. En échange de sa révélation il reçoit une fontaine pour sa citadelle. Sa trop grande perspicacité irrita les dieux qui le condamnèrent à porter un bandeau et à pousser au sommet d'une montagne un rocher, qui roule inéluctablement vers la vallée avant que le but du héros ne soit atteint.
On a compris déjà que Sisyphe est le héros absurde. Il l’est autant par ses passions que par son tourment.Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l’être s’emploie à ne rien achever. C’est le prix qu’il faut payer pour les passions de cette terre. On ne nous dit rien sur Sisyphe aux enfers. Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime.. Tout au bout de ce long effort mesuré par l’espace sans ciel et le temps sans...
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