Le mythe du " bon sauvage "

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  • Publié le : 26 mars 2011
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« L’idéologie du Bon sauvage »

Voyage autour du monde (Bougainville)
Supplément au voyage de Bougainville (Diderot)
Le mariage de Loti (Loti)
L’Evadé (Rochefort)

L’homme sauvage est tout simplement celui qui vit dans la forêt grâce aux merveilles que lui offre la nature. Hors, ils ne sont pas forcément des espèces de la forêt mais plutôt des espèces d’ « état de nature ». Ils sont perçusde manière très distincte car ils sont de caractère féroce, insouciants et oisifs, libres et égaux, paisibles et heureux. Les « sauvages » ont fait rêver des générations d’européens. Derrière la description ou plus exactement l’apologie de la bien heureuse sauvagerie des insulaires, l’objet principal du discours reste l’homme blanc occidental. Certes, est ce que l’homme naturel peut-il êtreprésenté comme un modèle commode d’un bon sauvage ? Dans un premier temps, nous verrons Tahiti comme un Eden, ensuite la rencontre d’occidentaux et de polynésiens et enfin l’image de la sauvagerie.

La découverte d’un paradis exotique

L’arrivée fut un véritable enchantement. La joie et l’émerveillement des équipages assaillis à Tahiti par des indigènes, agitant des palmes, venus les accueillir dansdes pirogues chargées de fruits et d’aliments mais aussi de femmes. Les marins furent naturellement poussés à idéaliser le charme des naturelles, à exalter les beautés du paysage et l’aménité des mœurs des habitants. Le climat de l’île est sain. Ils mettaient le pied sue une terre vierge, riche de toutes ressources de l’inconnu et de l’aventure. Tahiti offre des rafraîchissements aux équipagesqui peuvent se rétablir vite de leurs fatigues et de leurs maladies. Il s’agit tout simplement d’une heureuse escale dans un très beau cadre ancré par une population très accueillante. La peinture des paysages est beaucoup plus proche d’une stylisation de la perception que du souci d’une description réaliste. Il est question de petites cases disséminées au milieu de jardins fruitiers, de prairies,de bosquets, de belles cascades, d’une terre couverte de plantations, de bocages sillonnés d’eaux vives et du jardin d’Eden. On retrouve ici l’influence de Rousseau et le décor des promenades de Bougainville dans Tahiti. A n’en pas douter, la découverte de cette île recouvrait, pour l’Occident, la séduction d’une idée, son désir réalisé.

La rencontre entre Européens et Tahitiens

Après Walliset ses canons meurtriers, dix ans plus tard, se présente Bougainville. Ce premier contact entre Français et Tahitiens se déroule dans la bonne entente et dans d’excellentes conditions. Les tahitiens de Bougainville et de Commerson sont la réplique du bon sauvage de Rousseau où l’oisiveté reste sa principale préoccupation, la nature se chargeant da satisfaire ses besoins. Certes ce qui frappentsurtout les marins, c’est leur rencontre avec des femmes dont la peau n’est ni noire, ni cuivrée. Bien au contraire, elles ressemblent à des Européennes. En outre, la tahitienne est nue et cette nudité impressionne les marins. Elle bouleverse le jeu traditionnel de la séduction et de l’amour en choisissant sans même essayer de se faire élire. Mais les insulaires, s’efforçaient d’obtenir par cecommerce ce qu’ils n’avaient pas et dont ils percevaient la nécessité comme le fer. L’ambiance oppressante qui caractérise les rapports de l’homme et de la femme est un élément du sortilège polynésien. La découverte, à Tahiti, par les marins d’un monde libre opposé au monde européen écrasé sous le poids de la morale, des traditions et des contraintes n’est en outre pas traitée.
On sera aussi pour lemoins étonné par ce peuple qui a su maintenir, en dépit des assauts extérieurs, une culture, un art de vivre, un modèle social spécifique.

L’image de l’homme naturel et sauvage

Depuis les circumnavigateurs du XVIIIè siècle, les témoignages des marins n’étaient pas convaincants vis-à-vis des insulaires. Diderot qui va faire l’apologie de l’homme naturel, soutenant toujours qu’ils sont...
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