Le mythe d'electre selon sophocle, giraudoux et sartre

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  • Publié le : 4 mai 2010
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Dissertation

Sujet : La légende d’Electre et d’Oreste, les enfants d’Agamemnon et de Clytemnestre, a inspiré les tragédiens de l’Antiquité. Au XXème siècle, la reprise du mythe a permis d’en renouveler la signification. On pourra confronter ces différentes versions de la légende autour des axes suivants :
- les manifestations du tragique : la lamentation de la passion souffrante, le sentimentde culpabilité, la lutte des héros contre la fatalité ;
- les représentations du destin : la présence des dieux, les caractères du dénouement ;
- les différentes facettes d’Oreste et d’Electre : victimes du destin, vengeurs partagés entre mauvaise conscience et libre arbitre.

· Le mythe d’Electre a inspiré de nombreux tragédiens de l’Antiquité. En effet, l’histoire tragique d’Electre, filled’Agamemnon et de Clytemnestre, qui fit tuer sa mère et son amant par son frère Oreste pour venger la mort de leur père inspira, entre autres, Eschyle, Sophocle et Euripide. Au XXème siècle, la reprise du mythe a permis d’en renouveler la signification. A travers les exemples d’extraits d’ Electre du célèbre tragédien athénien Sophocle (497-405 av. J-C), d’ Electre de l’écrivain et diplomatefrançais Jean Giraudoux (1882-1944) et de Les Mouches du philosophe et écrivain français Jean Paul Sartre (1905-1980), nous confronterons ces différentes versions de la légende d’Electre et Oreste autour de trois axes principaux.
En premier lieu, nous étudierons les manifestations du tragique à travers l’étude de la lamentation de la passion souffrante, du sentiment de culpabilité et de la lutte deshéros contre la fatalité à l’aide des différents extraits proposés.
Dans une deuxième partie, nous démontrerons l’existence de représentations du destin grâce à la présence des dieux et de caractères du dénouement.
Enfin, nous établirons les différentes facettes d’Oreste et d’Electre à travers l’observation des vengeurs, partagés entre mauvaise conscience et libre arbitre et de leurs péripéties(victimes du destin).

· Le tragique se manifeste de trois façons différentes : la présence de lamentations de la passion souffrante, du sentiment de culpabilité et de la lutte des héros contre la fatalité.
Dans l’extrait d’Electre de Sophocle, la lamentation de la passion souffrante se caractérise par l’emploi du champs lexical du malheur, du désespoir et de la mort : « Hélas » (l.1 et 34),« ô » (l.3), « mort » (l.5-35-45), « brisé ma vie » (l.7), « souffrance » (l.9), « les misères » (l.14), « l’excès de mon chagrin » (l.20 et 22), « tant que me retiendra la vie » (l.24), « mes pauvres enfants » (l.25), « vaines consolatrices » (l.27), « deuils » (l.28), « mes plaintes » (l.30), « mes plaintes aigues » (l.41). Tout ce vocabulaire crée une atmosphère tragique et désespérée tout aulong de cet extrait, cette atmosphère étant accentuée par la présence du sentiment de culpabilité dans le personnage d’Electre. En effet, Electre admet sa violence par une concession envers le chœur, en la justifiant par la répétition de « l’excès de mon chagrin » (l.20 et 22). Les vers « ne jamais me sentir en paix avec moi-même si, par égard pour eux ingrate envers mon père, je comprimais l’essorde mes plaintes aiguës ! » (l.39-40-41) appuient ce sentiment de culpabilité très présent dans cet extrait. De plus, Electre n’essaie pas de lutter contre la fatalité : les vers « C’est plus fort que moi […] je ne retiendrai pas ces transports qui me perdent tant que me retiendra la vie » (l.20-22-23) le prouvent. Elle n’attend que la mort.

En opposition avec l’extrait d’Electre de Sophocle,l’extrait suivant de la pièce de Jean Giraudoux inclut moins de manifestations du tragique autour du personnage d’Electre, mais autour de deux personnages qui représentent le peuple, principalement la femme Narsès et le mendiant.

Chez Electre de Jean Giraudoux, la lamentation de la passion souffrante se définit par l’emploi chez la femme Narsès de la question rhétorique « Où en sommes-nous,...
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