Le néo-classicisme

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  • Publié le : 4 décembre 2009
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David, le néo-classicisme, la Révolution et l’Empire.

Comprendre le néo-classicisme, c’est s’interroger sur la nostalgie et le goût des artistes, en Europe, à la fin du XVIIIe siècle pour la Méditerranée gréco-romaine, à travers un historicisme savant et minutieux, nourri de philosophie, de littérature et d’archéologie.

Ce renouveau classique s’appuie sur un rejet des mondes primitifs (lesétrusques, les celtes, le Moyen-Âge…) considérés comme obscurs, au profit de l’Antiquité perçue comme un monde de la conscience, de la connaissance et de la lumière.
← Jacques-Louis David (1748-1825) [ICO/Autoportrait]exécute, lors de son séjour en Italie, nombre de croquis d’après des fragments de bas-reliefs romains antiques, issus de monuments civils, funéraires, commémoratifs…L’antiquité gréco-romaine fournit à l’Europe entière, grâce aux théories de Winckelmann et grâce au rôle éminent que joue Rome dans la formation des artistes (Villa Médicis pour les Français ayant remporté le Grand Prix de Rome), un modèle d’idéal moral et formel, éthique et esthétique, qui se traduit par un goût prononcé pour le dessin pensé et conçu comme une épure. —> [ICO/Dessin pour l’Odyssée d’Homère,1835] John Flaxman (1755-1826) : il est surtout sculpteur, mais il a beaucoup gravé, dessiné et modelé des modèles de vases inspirés de sujets et de formes antiques, pour la manufacture de Wedgwood [ICO/Catherine II protégeant l’Art et récompensant le Commerce, 1170). Ce que Flaxman met au point dans ses œuvres graphiques, ce sont des scènes d’une grande lisibilité, installées dans un espacea-perspectif et traité en aplat ; des scènes linéaires et réduites à des contours, sans recours aux hachures ni aux ombres.

Le néo-classicisme est une esthétique du bas-relief et du dessin ; c’est un art de l’abstraction et de la spiritualité ; une appréhension du sujet par le trait qui soumet la couleur au dessin. À cet égard, le néo-classicisme renoue avec les exigences de [ICO/Orphée & Eurydice,1164] Nicolas Poussin (1594-1665) : ordonnancement rigoureux de la composition, répartition harmonieuse des couleurs, souveraineté de l’histoire et de la narration, équilibre des masses stabilisées, lumière dirigée, volonté de perfection… = la peinture pensée et élaborée comme une rhétorique visuelle des sentiments et des passions.

Le néo-classicisme comme esthétique de la ligne doit aussi êtrepris en compte comme une opposition aux excès et aux dérèglements, plastiques et moraux du coloris.
← à ce titre, David s’oppose à la peinture jugée trop sentimentaliste et trop sensualiste de Watteau [ICO/Embarquement pour Cythère, 1717], Boucher [ICO/Sommeil de Vénus, 1734] ou Fragonard [ICO/Le Verrou, 1777], où la couleur et la touche dissolvent les formes, au risque d’altérer lacomposition de l’œuvre et d’affaiblir la compréhension du sujet. Derrière ce procès fait au formes du rococo, il y a aussi l’idée que les sujets mineurs ont menacé la peinture d’histoire comme grand genre : trop de sujets festifs badins, grivois, érotiques… = liberté des mœurs et liberté de la touche se confondent et sont critiquées par le système des valeurs du néo-classicisme.

Au cœur de l’esthétiquenéo-classique, rayonne l’idée que le dessin garantit l’efficacité expressive et symbolique de l’œuvre d’art. C’est ce que défend Diderot, quand il explique que « tout le monde peut juger de la couleur », mais que « seuls les maîtres dans l’art sont bons juges du dessin ». —> le dessin est la structure ; l’ossature, la charpente de la forme, qui circonscrit le sujet, organise la compositionspatiale, les formes et régit les couleurs.

← C’est tout le programme établi par David, dans une œuvre devenue une sorte de manifeste esthétique et moral pour plusieurs générations successives de ses élèves : [ICO] Le Serment des Horaces (H/t, 1785, Louvre) qu’il peint pendant son séjour à Rome. Ce tableau est une œuvre sévère, austère et moralisatrice, qui correspond bien aux « grand goût »...