Le nain

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  • Publié le : 6 juillet 2011
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Bébé le Bouffon du Duc Stanislas

Il s'appelait Nicolas Ferry et était né à Plaisnes, dans les Vosges,.
A sa naissance, le 11 novembre 1741, il ne pesait qu'une livre un quart, on l'avait porté à l'église sur une assiette, un sabot lui servait de berceau.
Vers l'âge de cinq ans, il ne mesurait que quinze pouce de haut, et pesait douze livres.
Stanislas le Duc de Lorraine, ayant entenduparler de ce phénomène, le fit venir en son château de Lunéville, et tellement impressionné, le garda à la cour, et très vite, on le surnomma Bébé.
Malgré sa petite taille, Bébé était remarquablement proportionné, mais avait tous les défauts : paresseux, jaloux, gourmand, têtu ….Quand il était contrarié, il cassait aisément la vaisselle et les verres du Duc.
Ses caprices ne cessaient quelorsqu'il obtenait gain de cause. Stanislas riait des ses incartades, et le gâtait exagérément.
Il lui faisait confectionner des vêtement à sa taille, en particulier un costume de Hussard que le nain portait fréquemment..
Bébé, possédait également une calèche attelée de quatre chèvres qu'il dirigeait dans les allées du parc.
On lui fabriqua aussi une construction en bois, haut de trois pieds,qu'on installa dans une des pièces du château. Quand il était fâché avec le duc, ou qu'il voulait lui résister, c'est dans cette construction que Bébé allait bouder. Si Stanislas le faisait appeler, Bébé ouvrait la fenêtre et disait avec dignité : " Vous direz au roi que je n'y suis pas. "
Il était tellement petit qu'un jour il s'égara dans un champ de luzerne ; il se crut perdu et appela au secoursjusqu'à ce qu'on fût venu le délivrer.
Bébé, avait un goût marqué pour la plaisanterie, et s'amusait souvent à se cacher. Stanislas, ne voyant plus son nain, s'inquiétait ; et alarmait la cour, puis l'on retrouvait Bébé, tranquillement assis sous quelque fauteuil, ou derrière un meuble.
Ce facétieux personnage ne se cachait pas que sous les meubles il avait imaginé d'autres abris plusagréables : on le retrouvait quelquefois paisiblement installé sous les paniers des dames, si bien que les femmes de la cour craignaient toujours d'écraser le petit personnage.
Stanislas était un joueur de tric-trac acharné ; or, Bébé détestait ce jeu : le bruit des jetons et du cornet blessait sa sensibilité. Dès qu'on commençait à jouer, il faisait tant de bruit et était si insupportable que le roin'avait d'autre ressource que de cesser la partie. Alors, on plaçait le nain sur la table ; il entrait dans le tric-trac, mettait tous les jetons en Piles, s'asseyait dessus et se laissait tomber en riant aux éclats.
La princesse de Talmont s'était prise d'une grande amitié pour Bébé ; elle eut la prétention de réussir là où tous les maîtres avaient échoué, et elle se donna beaucoup de peine pourl'instruire, sans succès du reste. Cependant, Bébé, reconnaissant de ses soins, s'était pris pour elle d'une si grande passion qu'il en était jaloux.
Un jour, la voyant caresser un petit chien, il devint furieux, arracha l'animal des mains et le jeta par la fenêtre
Il y eut un drame, dans la vie de ce nain, en 1759. Cette année-là, le 2 décembre, arrivait au château de Lunéville une comtesseparente de Stanislas.
Elle était accompagnée d'un gentilhomme polonais, Borwslaski, âgé de vingt-deux ans et haut de vingt-huit pouces (soixante-quinze centimètres six). Bébé, avec ses dix-huit ans et ses trente-trois pouces (quatre-vingt-neuf centimètre cinq), était battu de près de quatorze centimètres.
Physiquement, Borwslaski rayonnait de jeunesse et de vitalité, alors que Bébé entraitvisiblement dans la vieillesse, n'ayant plus que quatre ans devant lui.
Intellectuellement, la différence était encore plus écrasante le Polonais savait lire, écrire, compter, parlait trois langues dont la nôtre. Bébé pouvait se prévaloir d'un petit talent pour les danses, était un demeuré qu'on avait renoncé à tirer de son analphabétisme et d'une crasse sur laquelle les sacrées vérités de la...
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