Le nazisme musique et pouvoir

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  • Publié le : 24 avril 2011
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Le nazisme

et la musique dégénérée

 
 
• La musique comme arme
• Les origines du concept nazi de musique dégénérée
• La pensée musicale nazie
• Le détournement des musiques
• Musique dégénérée
• L’exposition de Düsseldorf de 1938
• La musique officielle national-socialiste
• Les buts des nazis
• Qu’en est-il encore aujourd’hui ?
 
Ce texteporte sur un aspect important de la machine à tuer nazi : le rapport à la musique et son utilisation comme arme de destruction.
 
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La musique comme arme

 
« la musique est un art mineur car elle disparaît en même temps qu’elle se forme »
Et pourtant la musique a souvent été une arme pour les régimes totalitaires (voir Urss et l’art prolétarien) et elle deviendra pour les nazis une armeessentielle pour la démonstration à la fois du génie éternel du peuple allemand et de la supériorité aryenne. La musique participe donc à l’établissement du Reich de mille ans, son pouvoir est utilisable. Elle sera donc la force de frappe du nazisme, ainsi jusqu’au tout dernier bombardement les concerts eurent lieu fréquentés par tous les dignitaires.
 
Écoutons Pascal Quignard :

"La musiqueest le seul, de tous les arts, qui ait collaboré à l’extermination des Juifs organisée par les Allemands de 1933 à 1945… Il faut souligner, au détriment de cet art, qu’elle est le seul qui ait pu s’arranger de l’organisation des camps, de la faim, du dénuement, du travail, de la douleur, de l’humiliation, et de la mort… Il faut entendre ceci en tremblant : c’est en musique que ces corps nusentraient dans la chambre. La musique viole le corps humain. Elle met debout. Les rythmes musicaux fascinent les rythmes corporels. À la rencontre de la musique, l’oreille ne peut se fermer. La musique étant un pouvoir s’associe de fait à tout pouvoir. Elle est d’essence inégalitaire. Ouïe et obéissance sont liées. Un chef, des exécutants, des obéissants telle est la structure que son exécutionaussitôt met en place. Partout où il y a un chef et des exécutants, il y a de la musique... Cadence et mesure. La marche est cadencée, les coups de matraque sont cadencés, les saluts sont cadencés.
La première fois où Primo Levi entendit la fanfare à l’entrée du camp jouant Rosamunda, il eut du mal à réprimer le rire nerveux qui se saisit de lui. Alors il vit apparaître les bataillons rentrant au campavec une démarche bizarre... Les hommes étaient si dépourvus de force que les muscles des jambes obéissaient malgré eux à la force propre aux rythmes que la musique du camp imposait et que Simon Laks dirigeait.
Primo Levi a nommé « infernale » la musique… « Leurs âmes sont mortes et c’est la musique qui les pousse en avant comme le vent les feuilles sèches, et leur tient lieu de volonté. » Ce futpour augmenter l’obéissance et les souder tous dans la fusion non personnelle, non privée, qu’engendre toute musique.
Ce fut une musique rituelle… La musique, écrit-il, était ressentie comme un « maléfice ». Elle était une « hypnose du rythme continu qui annihile la pensée et endort la douleur ».
Comment entendre la musique, n’importe quelle musique, sans lui obéir ?" Quignard « la haine de lamusique »
 
«Qu'elle soit spontanée ou imposée, officielle ou acte de résistance, la musique était inscrite dans la vie quotidienne des camps", précise Pascal Huynh. Elle était utilisée par les nazis avec un sadisme défiant l'entendement. Opérations punitives et exercices journaliers étaient scandés par des marches exécutées par des déportés, notamment lorsque certains d'entre eux tentaient des'évader. » Et cette perversité des geôliers, qui imposaient aux détenus de jouer de la musique pour accompagner les exécutions capitales !
La musique aura donc un pouvoir de soumission pour les faibles, d’exaltation pour les forts et combien d’exécutions auront lieu au son de Bruckner ou d Beethoven, et les officiers des camps de la mort écoutaient en pleurant Schubert, entre deux massacres. Et...
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