Le new deal

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  • Publié le : 26 novembre 2010
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Le New Deal

Face à la crise économique sans précédent de 1929, l'administration Hoover a mis en place un faisceau de politiques de crise: maintien de salaires élevés, grands travaux, soutien des cours agricoles. La politique des Républicains s'est soldée par un échec imputable d'une part aux manques de moyens débloqués par la Fed, d'autre part à l'inaboutissement des demi-mesures mises enoeuvre. En effet, en 1933, le PIB américain est tombé à 56 milliards (baisse de 50% par rapport à 1929), ½ des banques ont fait faillite, le chômage touche 25% de la population active, les prix de gros ont chuté de 50%, la réserve fédérale est presque vide, les banques ont été fermées dans 22 Etats. Dans ce contexte d'urgence, les Républicains sont désavoués par l'opinion, et c'est le candidatdémocrate, F. D. Roosevelt, qui remporte le suffrage aux élections de novembre 1932. Sa longévité en tant que président des États-Unis, il a été réélu 4 fois, lui a permis de déployer une politique sociale et économique novatrice sur le long terme, baptisée « New Deal ». Il faut distinguer plusieurs étapes à cette politique, qui passe progressivement de mesures de redressement d'urgence à de réellesévolutions structurelles, notamment en matière sociale, qui préfigurent le futur État-Providence.

I Les débuts du New Deal
Roosevelt lance pour la première fois l'idée d'un « new Deal » lors de son discours à la convention démocrate de Chicago le 2 juillet 1932. L'ancien gouverneur de New York est plus pragmatique que dogmatique, capable d'adapter sa politique selon les circonstance. Il ne prévoitpas, à ce moment là, de programme précis et choisit tout d'abord de s'entourer d'un brain trust et de commissions diverses aux membres changeants, plutôt que du cabinet présidentiel traditionnel, aux membres fixes, qui s'est rarement réuni sous Roosevelt. Les conseillers du président sont tous des modérés, et n'ont jamais brigué de mandats. On compte parmi eux R. Trugwell, R. Moley, H. Hopkins.Dans ce brain trust hétéroclite, on distingue un courant planificateur, partisan d'une réforme structurelle de l'économie, et un courant conjoncturiste, qui prône une hausse de la demande pour écouler la production.

Les premières mesures doivent être rapides devant l'urgence de la crise. Roosevelt lance, à peine entré en fonction, dès le 12 mars, la première « causerie au coin du feu » à latélévision américaine, moment de pédagogie directe entre le président et les téléspectateurs, qui contribue à la rénovation de l'exercice du pouvoir. Cette première phase du New Deal est appelée les « Cent jours », durant lesquels sont promulguées 16 lois qui réorganisent la vie économique autour de l'intervention de l'État avec les autres acteurs. On peut distinguer 4 volets de mesures.
Tout d'aborddans le cadre de mesures monétaires, le dollar est dévalué de 41% dans l'espoir d'une relance le 30 janvier 1934 par le Gold Reserve Act. Puis les organisations financières sont soumises à un contrôle par la loi Glass Steagall de juin 1933 qui distingue les banques de dépôts à court terme des banques d'affaires à long terme, et assure les petits épargnants. À partir de juin 1934, les transactionsboursières sont surveillées.
Le responsable de la politique agricole, H. Wallace, veut augmenter les prix agricoles pour fournir un niveau de vie décent aux agriculteurs. C'est le sens de l'Agricultural Adjustement Act (AAA) de mai 1933, qui met en place un système de crédit avantageux et une politique d'incitation à baisser la production (primes à la destruction des stocks, ...). C'est ainsi 25%de la production de coton qui est détruite.
En matière de politique industrielle, le NIRA (National Industrial Recovery Act) du 16 juin 1933, oeuvre de R. Trugwell et H. Johnson, crée des codes de concurrence loyale entre les entreprises de même branche pour lutter contre la baisse de prix. Cette politique, en rupture franche avec la tradition anti trust, appelle à une planification...
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