Le nombre 5

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 13 (3072 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 27 novembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Honore le G∴ Arch∴ de l’U∴
Le code maçonnique débute par une injonction. Il n’est pas question ici de discuter sur la nature ou l’existence d’un GA, mais immédiatement de l’honorer. C’est bien cette sorte de commandement qui nous place immédiatement dans une perspective moraliste. Mais bien que ce code semble se rapprocher de commandements nous allons rapidement nous rendre compte qu’ils neconstituent en rien des dogmes dont nous resterions prisonniers, mais plutôt des invitations à la découverte d’une attitude responsable et profondément humaniste.
Une idée très ancienne, reprise par les milieux philosophiques du 17è et 18è fut celle de la nature considérée comme un livre, ou comme un grand édifice portant en lui la trace de son constructeur. L’on pourrait dire que cette conceptionspontanée et relativement simple est aussi vieille que la conscience humaine. Elle manifeste l’expression d’une émotion immédiate qui peut en suite être modifiée ou remodelée par l’abstraction ou la critique. Il est sans doute utile et important de considérer ici quelques unes des grandes lignes qui contribuèrent à la naissance de cette idée de GA. Nous pourrons alors mieux comprendre ce qui en faitla force, l’originalité et l’intérêt.
Au commencement, l’homme se découvre être pensant et porte son regard sur le monde. Tout autour de lui les êtres vivent, se meuvent, se battent, aiment, etc. Mais en toute chose, il reconnaît spontanément l’existence de cycles naturels comme les saisons, la vie et la mort, la croissance et la décroissance et tout ce qui manifeste le mouvement des choses.C’est une réaction spontanée qui n’implique aucune étude ou analyse approfondie. La conscience constate simplement ce renouvellement et cette transformation permanente des choses. A cette sensation est associée le sentiment de faiblesse de l’homme lui-même. Face aux éléments de la nature, il ne peut rien ou pas grand chose. De là naissent pour eux les sentiments de craintes, de profond désarroi etd’impuissance, mêlés à l’admiration et au profond respect.
Or nous pouvons nous rendre compte que beaucoup de cultures du passé, de forme animiste ou chamanique, considérèrent que l’ensemble de ces phénomènes ne pouvaient être dus au hasard. Pour eux, ils étaient la manifestation d’une force et donc d’une intelligence plus grande et plus puissance que celle de l’homme. Des esprits, des puissances oudes Dieux en étaient la cause. Une identité naturelle, souvent en relation avec l’élément concerné (que l’on se souvienne par exemple du Dieu des océans ou de l’orage) fut spontanément attribuée. Il devint alors possible d’associer des offrandes, des gestes et des mots avec l’élément lui-même afin d’essayer de se le concilier. En effet, si l’on considère que le phénomène naturel est la manifestationd’une intelligence il devient alors possible de s’adresser à elle et de tenter de se la concilier en lui offrant par avance ce qu’elle cherche à nous prendre spontanément.
On reconnaît bien là un aspect important de la constitution des cultes. Ce que nous expliquons n’est évidemment pas la seule modalité de développement et d’élaboration des religions, mais nous pensons que cette expression enest une des importantes composantes fondée sur les émotions contradictoires que sont la peur et l’admiration.
L’homme se mit ainsi à vivre parmi les Dieux, à côtoyer sans les voir ceux qu’il considérait en quelque sorte comme les animateurs invisibles du monde visible. Nulle distance donc entre le phénomène naturel (orage, tempête, tremblement de terre, etc.) et les Dieux qui y président.
Maisles premiers philosophes de l’ancienne Grèce, les présocratiques, cherchèrent à comprendre ces phénomènes, sans faire intervenir de puissances invisibles et divines. Bien entendu, plusieurs écoles différentes se développèrent, mais cette volonté de réflexion se développa sans faire appel aux Dieux. L’on ne peut pas parler véritablement d’athéisme, car la plupart du temps, les Dieux sont comme...
tracking img