Le paris des exclus: la stigmatisation des banlieues

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  • Publié le : 25 novembre 2011
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Paris : ville lumière. Cette assertion a obligé depuis des décennies les gouvernements français successifs à faire en sorte que Paris soit une ville parfaite, belle et sans histoire. Mais cette volonté s’est réalisée au dépend de milliers de personnes. Ces personnes sont pauvres, étrangères ou marginales. Ils ont en commun de ne pas être voulus dans la ville. Nous étudierons ici les processusd’exclusion de la ville de Paris. Comment la carte de Paris traduit-elle les exclusions ? Comment la banlieue, terre des exclus s’est construite au fil des années ?

D’abord, commençons par étudier la carte de Paris intra-muros et celle de sa banlieue. Il est très intéressant de noter que des limites terrestres ont été fabriquées pour délimiter le territoire parisien de manière à ce que certainescatégories de la population ne se rencontrent jamais et surtout à ce que certaines classes sociales ne se retrouvent pas dans certains quartiers. A l’intérieur de Paris tout d’abord, il y a les arrondissements. Ce sont des subdivisions administratives de la ville de Paris pour en permettre une gestion plus effective. Il est alors intéressant de noter que ses arrondissement ont tous une personnalitédifférente et sont tous peuplés par une certaine partie de la population. Aussi, les auteurs de Paris, 15 Promenades sociologiques expliquent très bien cette ambiance parisienne unique, dans laquelle le marcheur peut passer d’un quartier très luxueux à la petite Afrique ou au quartier chinois. A titre d’exemple, prenons le 8e arrondissement de Paris et son Triangle d’Or. Ce triangle est constituédes avenues Montaigne et George V ainsi que de l’avenue des Champs-Elysées. C’est un quartier extrêmement riche et fréquenté du fait de son emplacement stratégique. Il s’est d’ailleurs transformé petit à petit de quartier d’habitation bourgeois en quartier d’affaires. Dans ses rues bien entretenues, on trouve des magasins de luxe et beaucoup de bureaux de professions libérales. Au contraire, lesChamps-Elysées ont complètement changé de visage depuis quelques années. Cette avenue était au départ l’image de marque de Paris avec sa vue imprenable sur l’Arc de Triomphe et ses magnifiques perspectives offertes aux touristes. Mais aujourd’hui, cette avenue est devenue la devanture de magasins de prêt-à-porter ou de sport ouverts à toutes les classes sociales. Ici, il est intéressant de noter quelorsque les gens arrivent dans ce triangle d’or, deux comportements s’observent et montrent ce clivage de population. Les gens très aisés et des classes sociales supérieures s’engagent dans l’avenue Montaigne en quête de produits de luxe alors que les classes moyennes et les touristes s’engagent eux, dans l’avenue des Champs-Elysées. Cette avenue est d’ailleurs devenues au fil des années le lieude rendez-vous privilégié des jeunes venus de banlieue et en quête d’aventure. Cet exemple montre donc le clivage qui s’opère au sein même de la capitale. Les gens, selon leur statut social, vont dans une direction ou dans une autre puisque certains quartiers ou endroits sont psychologiquement ou monétairement inaccessibles. Aussi, le quartier de la Goutte d’Or dans le 18e arrondissement fournit untrès bon exemple de cette division très marquée de la population parisienne. Dans Paris, 15 promenades sociologiques, les auteurs écrivent que « le promeneur est frappé par la présence d’étrangers ». En effet, le taux d’étranger dans le quartier de la Goutte d’Or était de 32.6% en 1999 faisant de ce quartier le quartier africain de Paris. A cet endroit, chacun peut trouver des restaurants, descoiffeurs et même des marabouts africains. Mais en dehors du côté culturel et sympathique du quartier, la réalité recouvre aussi la pauvreté de certains habitants et des situations d’illégalité pour d’autres. Le 18e arrondissement de Paris est un des quartiers les plus pauvres de la capitale tout en étant toujours dans les limites administratives de Paris. Ces deux exemples des 8e et 18e...
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