Le pavillon d'or, de yukio mishima

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  • Publié le : 15 juin 2010
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Introduction :

Il n’est pas rare de voir des écrivains japonais s’inspirer de faits divers. D’ailleurs c’est une ancienne tradition qui remonte à la naissance du journalisme.
Parmi ces écrivains, on distingue Yukio Mishima. On constate cela dès ses premières œuvres, telles qu’Une machine serviable, La période bleue ou Après le banquet, mais cela est également le cas pour Le Pavillon d’Or.En effet, au cours de l’été 1950, un bonze avait mis le feu au célèbre Pavillon d’Or du Temple Rokuon à Kyôto. Six ans plus tard, en 1956, Mishima publiait son roman. Celui-ci est d’abord paru en feuilleton dans la revue Shinchô avant d’être édité comme livre.
Mais si Mishima a suivi cette tradition c’est surtout qu’il perçoit dans les évènements marquants de son temps des correspondancesqui font échos à sa pensée et ses émotions. En effet, la nouvelle individualité qui émerge au sortir de la guerre semble ressentir la même confusion du monde extérieur et certains d’entre eux n’hésitent pas à détruire leur vie d’un acte singulier.
On pourrait penser qu’en se basant sur des faits divers il légitime en quelque sorte ses idéaux pas toujours bien accueillis et compris par sonentourage et le public. Aussi, on remarquera que ses romans les plus appréciés sont issus de ses « confessions » masquées derrière une de ces « réalité » que constituent les faits divers. Ainsi en est-il du Pavillon d’Or qui est considéré comme un des chefs-d’œuvre de Mishima par le public et de nombreux critiques littéraires si bien qu’il a reçu le prix Yomiuri de littérature l’année même de sapublication.

Tout d’abord, je commencerai par la bibliographie plus ou moins exhaustive de Mishima pour tenter de cerner de plus près cet écrivain atypique et ainsi mieux comprendre son œuvre. Dans un deuxième temps, ma tâche consistera à résumer ce roman pour en restituer globalement l’histoire. Puis, je terminerai par une analyse détaillée des personnages principaux. Enfin, je conclurai sur lethème - transversal dans cette œuvre - de la folie contemporaine.

Biographie de Mishima :

Le véritable nom de Mishima est Kimitake Hiraoka. Il est né à Tokyo dans le domicile de ses grands-parents. Au Japon, dans les familles traditionnelles, les jeunes époux habitent sous le toit paternel. C’est sa grand-mère qui s’occupa de son éducation. Très autoritaire et rigoriste, elle va en quelquesorte le couper du monde en lui faisant vivre une existence recluse et solitaire (interdiction de courir, de crier, de jouer avec d’autres enfants, en un mot l’empêcher d’avoir une vie de petit garçon qu’il était alors) notamment parce qu’il avait été très malade à l’âge de quatre ans. Dans ces conditions, on se doute bien qu’il en gardera des séquelles à vie.
De surcroit, son penchant pour lamort remonterait peut-être à son enfance : «mon lit fut placé dans la chambre de ma grand-mère, toujours fermée, où régnaient d’étouffantes odeurs de maladie et de vieillesse, et je fus élevé là, à coté de son lit.» (Mishima, Confession d’un masque)
D’autre part, loin de regretter la vie libre des autres enfants, il préfère son univers intérieur, ses fantasmes, le monde des contes de fées, lesjeux du travesti, tous sont des échappatoires à la réalité d’existence qui l’effraie et à laquelle il se sent totalement étranger.
A l’école, il s’adapte mal. Ses camarades sont de constitution plus robuste et de condition sociale plus élevée que lui. Il ne sait pas établir de contacts avec eux. Il ne sait pas établir des contacts avec eux. Il ne sait pas établir des contacts avec eux. Il ne saitpas établir des contacts avec eux. Il ne sait pas établir des contacts avec eux. Il ne sait pas établir des contacts avec eux. D’où un sentiment de solitude renforcé par le régime de la « protection » que la famille a demandé pour lui. Il se sent une fois de plus différent, exclu.
Etrangement, Mizoguchi, le narrateur homodiégétique du Pavillon d’Or, présente de troublantes similitudes...
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