Le pessimisme dans bel ami de maupassant

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  • Publié le : 23 mars 2011
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La première publication des Fleurs du Mal est remarquée par le procès qu’elle provoque en 1857. En dépit du scandale qu’il soulève, Baudelaire est sans cesse préoccupé par l’esthétique et l’ exigence de la forme artistique. Ce jeune dandy est également un critique littéraire et un critique d’art, soucieux de définir le « beau » et de montrer dans sa tenue élégance et raffinement. Dans la section« Spleen et idéal », le sonnet « La Beauté » tente de montrer ses propres critères esthétiques sous la forme d’une allégorie : la Beauté sous les traits d’une femme dresse son portrait et ses liens avec les poètes. Nous verrons comment elle apparaît tout d’abord divinisée, puis insolente et enfin inaccessible.

Baudelaire marque le lecteur en donnant vie à la Beauté. L’allégorie apparaît dèsle titre avec la majuscule signalant qu’il ne s’agit plus du simple nom commun ; il la personnifie en une femme capable de susciter une véritable fascination.
Tout d’abord, les pronoms personnels de la première personne sont fréquents tout au long du sonnet et très appuyés dans le second quatrain puisqu’ils sont situés en début de vers. On voit ainsi le caractère résolu et décidé du personnage.Les verbes « J’unis … Je hais… » (v.4-5) donnent une image dirigiste et autoritaire d’une femme entreprenante qui ne passe pas inaperçue.
De plus, Baudelaire cible deux parties du corps féminin susceptibles d’attirer le plus la convoitise : « mon sein » (v.2) et « Mes yeux, mes larges yeux » (v.14). Elles renvoient à la sensualité ou à la faculté de séduction. Dans l’expression « pour fascinerces dociles amants » du vers 12, on découvre l’admiration sans limite qu’elle soulève et en même temps on devine son dédain dans le choix de l’adjectif démonstratif « ces » marquant bien une distance. La Beauté adopte de « grandes attitudes » (v.9) ce qui marque un retrait et une volonté de ne pas s’impliquer et d’être inaccessible. Cette femme se montre exempte de certaines caractéristiqueshumaines et se trouve divinisée.

Tout au long du sonnet, l’auteur présente la Beauté comme un être supérieur, une déesse.
Tout d’abord, l’immortalité du personnage est présente dès le début du poème : « je suis belle, Ô mortels ! » ; ce premier hémistiche montre bien la supériorité de la Beauté sur l’homme et son décalage vis-à-vis de lui. De même l’adjectif «  éternel » est employé à plusieursreprises aux vers 4 et 14 et renvoie à la beauté qui ne subit pas les atteintes du temps comme n’importe quel humain. Le verbe « trône » du vers 5 confirme cette suprématie et son pouvoir.
C’est pourquoi, le poète utilise le champ lexical du monument afin de nous sensibiliser à son côté immuable et stable avec les substantifs « pierre (v.1), matière (v.4), « monuments (v.10). Le nom « sphinx »(v.5) renvoie aux statues érigées par les Egyptiens et relie clairement la beauté à la divinité puisque ce monument était source de vénération.
Par ailleurs, l’absence de sensibilité affichée par la beauté complète son portrait de déesse immuable : le parallélisme du vers 8 avec la répétition de « jamais » insiste sur son impassibilité. Elle ne manifeste aucune émotion que ce soit la douleurou la joie, à la manière d’une statue. L’image du vers 9, « cœur de neige » proche de l’oxymore montre combien le siège du sentiment est inactif, à la fois pur et glacé.
Cette supériorité ainsi que cette insensibilité dégagent une certaine insolence dont peut souffrir le poète.

Ce sonnet est un moyen de donner un portrait du poète tel que le conçoit Baudelaire. Le mot est présenté deux foisaux vers 3 et 9 avec un effet d’élargissement puisque l’on passe du singulier au pluriel. Le poète parle de lui-même et plus généralement de tous ceux qui consacrent leur vie à la poésie ou plus généralement à l’art.
En premier lieu, l’auteur des Fleurs du Mal dénonce le travail acharné des poètes « consumeront leurs jours en d’austères études » (v.11). L’image traduit l’exigence du labeur et...
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