Le philosophe scythe jean de la fontaine

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  • Publié le : 25 février 2010
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Le philosophe Scythe Jean de La Fontaine, Fables (1693)

Introduction
   
    La fable Le philosophe Scythe est dédiée au Duc de Bourgogne et évoque une conception du bonheur en relation avec la philosophie de l’antiquité. Il n’est donc pas étonnant que Jean de La Fontaine (1621-1695) y fasse référence au stoïcisme et à l’épicurisme, courants majeurs de l’Antiquité. L’admiration pourl’Antiquité explique que La Fontaine trouve une part de son inspiration dans des textes de fabulistes antiques tels Esope ou Phèdre.
    La fontaine met en scène deux personnages opposés dans un apologue clôt par une courte moralité.

Lecture du texte

|Le philosophe Scythe |
|Un Philosophe austère, et né dans la Scythie,|
|Se proposant de suivre une plus douce vie, |
|Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux |
|Un sage assez semblable au vieillard de Virgile, |
|Homme égalant les Rois, homme approchant des Dieux, ||Et, comme ces derniers satisfait et tranquille. |
|Son bonheur consistait aux beautés d'un Jardin. |
|Le Scythe l'y trouva, qui la serpe à la main, |
|De ses arbres à fruit retranchait l'inutile, |
|Ebranchait, émondait, ôtaitceci, cela, |
|Corrigeant partout la Nature, |
|Excessive à payer ses soins avec usure. |
|Le Scythe alors lui demanda : |
|Pourquoi cette ruine. Etait-il d'homme sage|
|De mutiler ainsi ces pauvres habitants ? |
|Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage ; |
|Laissez agir la faux du temps : |
|Ils iront aussi tôt border le noir rivage. |
|-J'ôte le superflu, dit l'autre, et l'abattant, |
|Le reste en profite d'autant. |
|Le Scythe, retourné dans sa triste demeure, |
|Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute heure ; |
|Conseille à ses voisins, prescrit àses amis |
|Un universel abatis. |
|Il ôte de chez lui les branches les plus belles, |
|Il tronque son Verger contre toute raison, |
|Sans observer temps ni saison,|
|Lunes ni vieilles ni nouvelles. |
|Tout languit et tout meurt. Ce Scythe exprime bien |
|Un indiscret Stoïcien : |
|Celui-ci retranche de l'âme |
|Désirset passions, le bon et le mauvais, |
|Jusqu'aux plus innocents souhaits. |
|Contre de telles gens, quant à moi, je réclame. |
|Ils ôtent à nos coeurs le principal ressort ; |
|Ils font cesser de vivre avant que...
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