Le pin des landes (commentaire)

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  • Publié le: 2 janvier 2010
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« Le pin des Landes » est extrait du recueil España. Il s’agit d’un poème composé de quatre strophes en rimes croisées. Ce poème a une forme fixe, régulière, autant dans les strophes, que dans les pieds puisque les vers sont des alexandrins. La première strophe évoque un pin, tandis que la dernière introduit « le poète » au vers 13. Ici, Théophile Gautier tente de nous faireparvenir sa vision de la condition du poète. Il présente d’abord celui-ci à l’aide d’une comparaison avec un arbre souffrant. Puis afin de transmettre ses idées, il compte sur la sensibilité du lecteur pour percevoir le message délivré dans son poème.

Ce poème est basé sur une comparaison. Théophile Gautier, représente le poète tel un arbre blessé, « le pin des Landes ».
C’est dans lapremière strophe, et au dernier vers qu’il introduit le pin en faisant une description de l’endroit où il se trouve « les Landes désertes » au premier vers. La périphrase du vers 2 « Vrai Sahara français », ainsi que la locution négative « on ne voit d’autre arbre que le pin », suggèrent la solitude de cet arbre dans un milieu aride. Cette aridité est suggérée par l’allitération en « s » présente aux vers2 et 3 « Vrai Sahara français, poudré de sable blanc, Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes ».
Après l’avoir situé, Théophile Gautier personnifie l’arbre, afin de mettre en évidence de manière croissante la ressemblance entre les deux comparés. Pour cela, il donne au pin des caractéristiques bien humaines comme au vers 4 « sa plaie au flanc », au vers 5 « ses larmes de résines», ou encore plus loin au vers 9 lorsque sa sève est comparée à du « sang qui coule goutte à goutte ».
Gautier appelle aussi le lecteur à l’utilisation de certains de ses sens comme le toucher aux vers 2 et 3 « poudré » et « sèche », et comme la vue, lorsque les couleurs sont évoquées « sable blanc » et « eaux vertes », puis l’ouïe. Il met ainsi en éveil les sens du lecteur, rend les sensationsplus facilement perceptibles, afin de délivrer au mieux son message. De ce fait, il emploie une allitération en « s » aux vers 9 et 10 « Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte, Le pin verse son baume et sa sève qui bout », pour suggérer le bruit de la sève qui coule le long du tronc.
Cette douleur que ressent l’arbre est aussi montrée tout au long de ce poème grâce aux rimescroisées, féminines d’abord et masculines ensuite. Cette alternance régulière évoque la monotonie de la douleur et la fatalité. Le pin ne peut échapper à sa blessure, ni ne peut en guérir.
La comparaison n’apparaît concrètement qu’à partir de la quatrième strophe, au vers 13 « Le poète est ainsi ». C’est le mot « ainsi » qui dévoile au lecteur la comparaison. Vient ensuite un raisonnement à contrario duvers 14 au dernier vers. Ce raisonnement a pour rôle de conclure la comparaison. Il explique d’où vient l’inspiration d’un poète romantique et ce pourquoi sa blessure lui est en fait nécessaire.
Au final, cette assimilation entre l’homme de lettres et la nature, faisant l’objet de ce poème, informe le lecteur sur la condition du poète que veut dénoncer Théophile Gautier.

Comme le pin estseul dans un désert, le poète lui est isolé, et différent « dans les Landes du monde » au vers 13. Ici, « le monde » désigne la société dans laquelle il vit.
Cette même société qui le rejette, ne le comprends pas et ne lui porte pas attention. Le fait que cet art fasse l’objet de moqueries fait souffrir le poète. La sève versée par le pin représente aussi bien « son sang qui coule goutte àgoutte » au vers 9, mais aussi sa production artistique. Ainsi par un syllogisme, Gautier insiste sur le fait que ce soit avec son sang, sa douleur, que des vers sortent par le bout de sa plume. De plus, ses vers ne sont pas produits dès lors que le poète est heureux, mais lorsqu’il est triste, avec l’évocation au vers 16 des « divines larmes d’or ».
Son comparant, l’arbre, est tout de suite...
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