Le plaidoyer de julien sorel. le rouge et le noir : stendhal.

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  • Publié le : 16 juin 2010
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Le Rouge et le Noir

•Mr Henri Beyle, figure incontournable du XIXème siècle, connu de tous sous le nom de Stendhal rédigea un roman tout aussi célèbre en 1830, intitulé « Le Rouge et le Noir ». Issu d’un fait divers poignant, ce roman retrace les quatre dernières années d’un jeune homme dont l’ambition sans limite, la séduction, le courage et l’intelligence rare lui permirent une ascensionsociale remarquable.
Ici, nous assistons au procès de ce jeune homme, jugé pour avoir blessé une femme qui fut sa maîtresse d’une manière passionnée : Madame de Rênal. Julien Sorel propose alors un plaidoyer touchant, et s’empare de cette occasion pour exprimer des pensées plus profondes qu’une simple défense personnelle, sur la société au sein de laquelle il vécut.
•Mais, de quelle manièreStendhal dépeint-il, à travers un discours à l’argumentation frappante, un tableau sans égal de la société ?
•Tout d’abord, nous remarquerons les techniques argumentatives utilisées tout au long de l’extrait, avant de dévoiler la caractérisation du personnage qui en découle. Enfin, nous tenterons de mettre en relation la satire poignante proposée avec une réflexion sur notre monde actuel.Julien Sorel, en jeune homme habile, use de nombreuses techniques argumentatives face à l’ultime chance qui s’offre à lui.
Dès ses premières paroles « Messieurs les Jurés », Julien implique ses interlocuteurs et instaure un échange. Nous remarquons ainsi de nombreuses apostrophes : « Messieurs »L11, « Messieurs les jurés » L18, « Messieurs » L24. Dès lors, par un discours plus vivant, basé surun principe de communication, le jeune homme, par ses apostrophes respectueuses fait apparemment participer son sévère auditoire.
A cela s’ajoute l’utilisation d’indices de personne importants, caractéristiques du dialogue. Nous retrouvons ainsi, plus de dix occurrences du pronom personnel « je », et une répétition dès les premiers paragraphes du pronom « vous » L12, 14.
De plus, nous remarquonsque Julien lie ces indices au sein de même phrases, accentuant encore la sensation de proximité et d’échange instaurée : « à votre classe, vous voyez en moi »L12. « Je ne vous demande » L14. Ainsi, nous pouvons relever le champ lexical de l’échange verbal : « me fait prendre la parole » L10, « demande » L14, « parla » L27, « il dit » L28, « discussion » L29.
Or, si cet échange par la lourdeprésence du pronom « je » semblait prouver sinon une supériorité du jeune homme, du moins l’égalité entre les interlocuteurs, nous observons chez Julien une tonalité flatteuse, marquant d’une manière irrémédiable son infériorité sociale : « Messieurs, je n’ai point l’honneur d’appartenir à votre classe. » L12.
Peut-être est-ce que Julien tente alors de flatter l’orgueil des jurés et ainsi de conquérirleur sympathie…
Ensuite, le jeune Sorel met en place un plaidoyer concessif.
En effet, il met en évidence l’horreur de son délit : « mon crime est atroce » L17, « mérité la mort » L18. Grâce à ce raisonnement, le jeune homme veut se montrer objectif par rapport non seulement à lui-même mais encore vis-à-vis de la situation, afin d’inspirer confiance. Il emploi le champ lexical du jugement etse pose en juge dont la sévérité n’est plus à démontrer : « coupable »L20, « punir » L21, « mon crime » L24.
De plus, le jeune condamné montre qu’il ne veut pas se défendre, ni même se justifier, et s’accuse cruellement : « la mort m’attend et elle sera juste » L15, « Je ne vous demande aucune grâce » L14.
Afin de prouver l’inexistence de tout espoir pour lui, le jeune garçon utilise le futurde l’indicatif, ne laissant pas de place aux doutes ou aux changements : « sera juste » L16, « sera puni » L24. L’utilisation permanente de l’indicatif, mode du réel, accentue la sensation de sincérité émanent de l’ambitieux personnage. En effet, il semble annoncer sa condamnation comme un fait irrémédiable, qu’il désigne simplement : « la mort m’attend »L15.
Cela nous dévoile les prémices...
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