Le plaidoyer de manon lescaut. l'histoire de manon lescaut et du chevalier desgrieux. abbé prévost.

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  • Publié le : 16 juin 2010
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Histoire de Manon Lescaut et du Chevalier Des Grieux

Constituant le dernier volet d’un ouvrage considérable, « L’Histoire de Manon Lescaut et du Chevalier Des Grieux », rédigé en 1731, fit couler beaucoup d’encre.
Jugé scandaleux, condamné à être brûlé, ce roman fut corrigé, augmenté et réédité par son auteur défroqué, l’Abbé Prévost. Ainsi, Montesquieu lui-même commentera cette oeuvresi originale pour un XVIIIème siècle encore jeune : « Je ne suis pas étonné, dit-il, que ce roman, dont le héros est un fripon et l’héroïne une catin plaise parce que toutes les mauvaises actions du héros ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. »
En effet, cette œuvre dévoile une intrigue amoureuse poignante liant Manon et le Chevalier.
A traversl’extrait étudié, le chevalier Des Grieux nous fait part d’un de ces souvenirs, il narre avec émotion une visite faite par Manon dans le but de se faire pardonner de ses infidélités…
Mais comment, à travers un récit indirect, l’Abbé Prévost met-il en place une argumentation poignante à l’enjeu considérable ?
Tout d’abord, nous mettrons en évidence le caractère indirect de l’extrait, puis, lestalents de Manon dans l’art de se disculper seront relevés…Enfin, nous dévoilerons en quoi ce texte se peint comme une pièce déterminante au sein de l’œuvre.

Le Chevalier Des Grieux, nous livre ici un discours caractéristique du récit indirect.
Tout d’abord, nous remarquons une présence très importante d’indices de personne. L’émetteur, le Chevalier Des Grieux, se désigne par le pronompersonnel  « je », L13, L-20, L34 par de nombreuses occurrences du pronom « me » que nous pouvons relever plus de 8 fois, ou encore par les adjectifs possessifs : « mes » L26, « mon » L30, « ma » L38…
Mais, si le destinataire premier du récit se trouve être l’auditoire du Chevalier et donc le lecteur, le message délivré est cependant adressé à ce narrateur. En effet, Manon justifie à son bien-aimé, sesmauvaises mœurs. Ainsi, véritable narratrice indirect, l’importance de Manon Lescaut est symbolisée par la multitude d’indices de personnes parsemés au sein du texte : « Elle m’apprit que » L2, « Elle me parla » L31, « Elle continua » L36, « Elle ne trouvait » L45, « Elle avait capitulé d’abord » L17. De même nous retrouvons le pronom personnel de la troisième personne du singulier récurent :« l’avait entretenue » L 23, « l’avait éblouie » L20.
Ce message s’inscrit dans un contexte particulier le mettant en évidence. Effectivement, l’enchassement du discours de Manon au sein du récit initial du narrateur , contribue à le mettre en abîme, et donc, en relief.
Ainsi, le message délivré par cette femme en quête de justification s’illustre à travers un système de temps caractéristique durécit. Imparfait, passé-simple et plus-que-parfait se côtoient et se parent d’une signification particulière. Le passé-simple, principalement utilisé par le Chevalier, informe l’arrivée d’un évènement important et marque donc l’intérêt que ce dernier porte au discours de sa belle : « je voulus être informé » L14. Au contraire, le plus-que parfait, habilement mis en place par Manon, semble prouverque cette dernière voue ses incartades à une époque révolue : « elle s’était laissé ébranler » L20, « Il l’avait éblouie » L19, « elle avait capitulé » L17.
De plus, si le discours de Manon est retranscrit par le pieux Chevalier, il en reste des marques flagrantes, telle que la présence de verbes déclaratifs ou de paroles : «  Elle m’apprit que »L 15, « Elle continua de me raconter » L36, « elle medit », L42.
Parfois, apportant vie au récit, le discours direct semble largement côtoyer le rapporté : « Un coup d’épée dans le cœur, ajouta t-elle m’aurait moins ému le sang ».L33.
Enfin, les nombreuses propositions complétives proposées à travers les explications de Manon, marquent non seulement les étapes par lesquelles la tentation s’est imposée à elle : « qu’elle avait...
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