Le pont mirabeau

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GUILLAUME APOLLINAIRE (1880-1918) :

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les yeux dans les yeux restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonnel’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont jedemeure

Première parution dans Les Soirées de Paris n°1 (1912)
Puis recueilli dans Alcools (1913)

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Questions
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1) Versification : observez et décrivez le jeu des mètres (les mètresapparents et les mètres réels) et celui des rimes. Définissez la structure strophique qui en découle. Repérez une diérèse et examinez la place des césures, le jeu des cadences (majeures ou mineures). Observez et décrivez l’effet produit par le retour périodique du refrain.
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2) Ponctuation et type desphrases : efforcez-vous de restituer au texte la ponctuation qu’Apollinaire a délibérément omise. N’y a-t-il pas des cas où l’on se heurte à une ambiguïté syntaxique (deux ponctuations, deux constructions possibles de la phrase) ? Montrez comment au long du poème varient les modalités (type des phrases) et quel est l’effet produit par ce jeu des modalités.-------------------------------------------------

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3) Enonciation : quelles sont les places respectives du « je » et du « tu » dans ce poème ? Quelle est la tonalité propre de ce lyrisme ? Que retient-il du modèle qu’il démarque et dont il s’inspire : la chanson de toile médiévale ?
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4) Le refrain : sur quelles oppositions lexicales, syntaxiques, modales, le refrain est-il construit ? En quoi cela lui donne-t-il une capacité à représenter et résumer le propos même du poème dans sa totalité (c’est là ce que l’on nomme une « mise en abyme ») ?
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5) Fonctionnement desimages : étudiez les images (métaphores, métonymies). Montrez comment le réel y est observé, médité et finalement transfiguré. Qu’est-ce qui donne sa force particulière à la thématique en quelque sorte classique et très banale qu’illustre ici Apollinaire : « le temps passe » ?
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Examen détaillé du fonctionnement du poème
(dans sa matérialitétextuelle : prosodique et syntaxique)

Sous le pont Mirabeau / coule la Seine 6/4 cadence mineure + enjambement du vers 1 sur le vers 2
Et nos amours… / Faut-il qu’il m’en souvienne ? 4/6 cadence majeure Quel est le statut grammatical de « nos amours » :
La joie venait toujours / après la peine. 6/4 est-il sujet de « coule » (mais alors il faudrait un pluriel :« coulent »)
ou seulement l’antécédent de « que », C. O. D. de « souvienne » ?

Vienne la nuit, sonne l’heure ! 7 deux verbes au subjonctif de souhait (optatif), juxtaposés sans coordination (asyndète) : symétrie
Les jours s’en vont, je demeure.7 deux verbes de sens opposés « s’en...
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