Le port de baudelaire - commentaire

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  • Publié le : 8 octobre 2010
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Commentaire Composé: Le Port de Baudelaire

Baudelaire, grand poète du dix-neuvième siècle, publie Le Port dans son recueil Le Spleen de Paris en 1862. Ceci est un recueil de textes en prose auquel Baudelaire a consacré les dernières années de sa vie et qui ne sera publié que deux ans après sa mort. Charles Baudelaire tente tout au long de son existence de délimiter les extrêmes ducomportement humain et de sa psychologie. Il a trouvé deux pôles : le Spleen - c’est-à-dire le mal-être et la mélancolie - et l’Idéal. À travers son œuvre, Baudelaire amorce l'explication d’une certaine confrontation entre prose et poésie. Poète avant tout, il s'est toujours attelé à un décloisonnement des genres littéraires. Même si Le Spleen de Paris s'éloigne de l'exercice poétique par sa forme, iln'en reste pas moins de la poésie, attaché au langage métaphorique et imagé. C'est à travers la mélancolie, l'explication de la débauche, l'analyse de l'omniprésence de la mort et la quête incessante d'un idéal quelconque qu'il aborde les thèmes de l'amour, l'abondance de la vie et l'invasion de la mort. Baudelaire vivait une vie de misanthrope axée autour d'une recherche quotidienne de la solitudeet d'une étude maniaque du malheur. En effet, son oeuvre peint très adroitement les deux extrêmes des sentiments humains et incite le lecteur à méditer sur la condition humaine – la sienne plus particulièrement. Baudelaire aime à se perdre dans une réalité fictive qu'il aurait élaborée simplement pour mettre en évidence sa misérable condition. L'idéal est pour lui la représentation d’un bonheurinaccessible. Nous tenterons d’étudier Le Port comme un poème autobiographie qui brosse le portrait d’un caractère poétique et pictural et essayerons de le placer dans un des deux pôles de l’univers Baudelairien.

D’après Baudelaire, le port est un endroit dans lequel l’Homme peut laisser libre court à sa méditation et à une réflexion analytique qui lui permettrait de donner sens à sonexistence. Le port est décrit comme « un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie.» L’adjectif charmant serait ici la métonymie du désir omniprésent de Baudelaire d’échapper au prosaïsme de la réalité. Le port est donc un refuge ; un refuge où chaque Homme peut faire abstraction de tous ses problèmes et observer l’excès de vie qui l’entoure. En quelque sorte, le port est un remède à toutle malheur qu’une personne pourrait éprouver mais vu que l’Homme serait en train de regarder, d’un œil nostalgique et morne, vivre les autres personnes qui l’entourent, le port ne deviendrait-il pas plus un vecteur de douleur volontairement infligée sur l’Homme ?

Baudelaire écrit dans Spleen LXXVI que  « l'ennui, fruit de la morne incuriosité prend les proportions de l'immortalité. »Cette citation aide à compléter notre poème car elle donne au lecteur l’occasion de voir Le Port comme un poème autobiographique. Baudelaire nous parle, sans faire référence au réel, de son âme malheureuse et tente de sortir de sa torpeur. Le port est pour lui un lieu d’apaisement. Ce n’est pas le lieu d’où il part, il est simplement un contemplateur et veut s’oublier dans la contemplation. En cela,Baudelaire reprend les grands termes de la souffrance. De plus, contemplateur par excellence, Baudelaire serait en train de faire parvenir un sentiment incommensurable de mal-être : la contemplation est pour lui un moyen d’accéder à cet idéal qui n’arrive pas à se concrétiser. C’est en observant d’un œil objectivement subjectif qu’il va comprendre la joie de vivre et analyser l’activité humaine.Aux yeux de Baudelaire, l’idéal n’est rien d’autre qu’une chimère, quelque chose d’intangible. Cependant, c’est à travers son amour très intense d’écrire, une sorte de monomanie à la poésie que les sentiments de bercement et d’apaisement le font quitter son Spleen et l’autorisent à croire à l’emplacement de l’idéal : dans ce poème, ce serait donc le port.

Il semblerait que Baudelaire ait perdu...
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