Le portrait

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  • Publié le : 30 avril 2011
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Tous les auteurs du corpus nous proposent des portraits, des descriptions détaillés dans leurs œuvres. Nous allons voir, au travers des lignes qui suivent, dans quelle mesure chacun de ces portraits prend appui sur le réel et dans quelle mesure ils sont transposés.
Dans Le Chef-d’œuvre inconnu, Balzac fait le portrait d’un « vieillard » très bien vêtu. Ce portrait est dans un premier temps trèsréel, en effet il s’agit d’un type de personne très banal avec une « bonne nature » très authentique. Son physique est, lui aussi, tout à fait courant pour un vieillard : « un front chauve », « un menton court  garni d’une barbe grise » et visage « singulièrement flétri » par l’âge sur un « corps débile ».Néanmoins, les détails du portrait révèlent une part de mystère chez ce vieillard, unetransposition du réel ou « un je ne ce quoi qui affriande les artistes » et qui pousse le jeune peintre à l’ « examiner curieusement » pour remarquer « quelque chose de diabolique » ,un nez qui ressemble à « celui de Rabelais ou de Socrate » et des « yeux vert de mer » qui jettent des « regards magnétiques » .Le portrait est une « image imparfaite de ce personnage », comme « une toile de Rembrandt »aux « couleurs fantastiques ».
Dans L’Homme qui rit, Hugo nous fait le portrait d’une personne totalement irréelle au destin hors norme, Gwynplaine. Il a subi une « mystérieuse opération » le dotant d’une « mystérieuse figure de joie ».Celui-ci ressemble plus à une transposition du réel, une sorte d’expérience ou a un « monstre de foire » « admirablement réussi » façonné par une « industriebizarrement spécial » et doté d’une « tête de Méduse gaie » qu’a un humain banal prenant appui sur le réel. La seule mesure de réel qui existe chez ce personnage sont ses sentiments humains et ses pensées comme l’ « étonnement », la « souffrance », la «colère » ou encore la « pitié » qui nous sont indiqués par l’auteur (car peu importe ses sentiments, on croirait toujours qu’il rit).
Dans L’assommoir,Zola nous fait le portrait de Gueule - d’Or. Il s’agit d’un portrait d’un forgeron stéréotypé, un personnage et un milieu donc banal à la base dont le portrait devrait être réaliste de la part du naturaliste Zola. C’est le cas lorsqu’on décrit comment il travail : comme il bat le « fer rouge » avec « un jeu classique et correct » d’une « précision rythmée » et une « science réfléchie ». Mais lemoins qu’on puisse dire c’est qu’il à la carrure de l’emploi, celle-ci est extrêmement exagérée et fait ressortir le personnage comme un « Bon Dieu » vivant : tout son visage est, « sans mentir », « une vraie figure d’or » avec « sa barbe jaune de fils d’or» qui reçoit « en plein la grande flamme de la forge ».Le reste de son corps est taillé comme une statue avec un « cou pareil à unecolonne », « une poitrine vaste », « des bras sculptés » qui paraissent copiés sur « ceux d’un géant dans un musée » et enfin des muscles comparés à des « montagnes de chair ».
Dans Le Temps retrouvé, Proust fait le portrait de connaissances transformées par la vieillesse. Aux corps banals de ces vieilles personnes sont mêlés des corps transposés en statues en « ruine » accablées par le temps avec parfois une« figure effritée » comme un « bloc » ou alors une « belle tête antique rongée ».Des corps appartenant à « une époque plus ancienne qu’autrefois » et d’une « matière jadis plus brillante ».Les « artères » donnent une « dureté sculpturale » au « promontoire » du visage. Mais ces corps de pierre ont été « bâtis » n’échappent pas à l’appui sur la vie concrète faite de « maladies », de « lutte contre lamort » et de « résistance » ; ils montrent une réelle « proximité de la mort ».
On se rend donc bien compte que chacun de ces textes, hormis L’homme qui rit, prenne pour base des personnages simples et communs que l’on peut croiser dans la vie courante du XIX et du XXème siècle comme des vieillards, des forgerons ou des blanchisseuses. Ils sont par la suite embellis pour donner...
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