Le pouvoir des fables la fontaine

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  • Publié le : 17 juin 2011
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« Le Pouvoir des Fables »
Jean de La Fontaine

(Introduction)

Jean de La Fontaine (1621-1695) est un écrivain et poète dramaturge, moraliste et romancier français du XVIIIe siècle. La fable est un récit inventé pour illustrer une morale. JDF oriente ses choix pour ce genre d’apologue, remontant aux sources de la littérature. Il publie des fables entre 1664 et 1693, organisées en 12 livreset réparties en 3 recueils. « Le pouvoir des fables » est la quatrième fable du livre huit et se situe donc dans le second recueil, publié en 1678 qui traite de sujets plus sérieux, destinés à un public plus averti.
Le titre de cette fable n’admet pas d’opposition, contrairement à la majorité des fables de JDF, il nous invite à une réflexion sur la portée, le pouvoir des fables et l’influencequ’elles peuvent exercer sur nos esprits. Celle-ci s’inscrit également dans un contexte politique et historique particulier qui nous renvoie à des considérations plus sérieuses.
Cette fable est dédicacée à Mr de Barillon, ami de JDF, ambassadeur de Louis XIV à la cour d’Angleterre, qui joua un rôle important dans la guerre contre la Hollande en devant convaincre le roi Charles II d’Angleterre de resterneutre et de ne pas prendre part aux communes unies contre la France. Cette dédicace indique clairement que La Fontaine s’adresse à un homme politique, et plus largement à tous les hommes de pouvoir en prouvant qu’il faut parler avec douceur pour être entendu.
Cet apologue correspond au modèle classique de JDF, construit avec des alexandrins et des octosyllabes. L’auteur emploie deux discoursradicalement différents pour capter l’attention du peuple, le premier est un échec alors que le second marche à merveille.

(Premier paragraphe : échec de la rhétorique ennuyeuse, échec de l’argumentation directe)

Pour traiter d’un sujet sérieux, l’orateur développe un discours rhétorique avec éloquence. Celui-ci se montre extrêmement virulent : l’hyperbole « art tyrannique » témoignede la violence que son éloquence veut produire sur le public. De plus, le champ lexical de la violence vient renforcer le ton donné à son discours (« forcer », « fortement », « figures violentes », « exciter les âmes »), ainsi que l’accumulation et un rythme ternaire (« il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put ») dans laquelle La Fontaine évoque la figure de la prosopopée (qui consiste àfaire parler les morts pour avoir un impact plus vif sur l’auditoire), utilisée par l’orateur dans son premier discours. On remarque une diérèse au vers 7 : il faut dire « Vi-o-lente » (et non vio-lente), ce qui accentue le mot violence et est ressenti comme une agression pour son public, qui appartient à une République et prône la paix et la liberté. Dans un premier temps, l’orateur montre sadétermination à persuader mais constate assez rapidement son échec, même après avoir usé de tous les moyens rhétoriques qu’il possédait. Cette image semble caricaturée par les traits grossiers, volontairement exagérés par les nombreuses hyperboles présentes dans la fable (l’hyperbole sert à créer une exagération et permet d'exprimer un sentiment extrême, de manière à frapper les esprits). D’un autrecôté, on observe un peuple insensible et passif, en total contraste avec l’attitude énergique de l’orateur : cette passivité se traduit par de nombreuses négations (« personne ne s’émut », « ne daignait l’écouter », « point à ses paroles ») et l’expression « tous regardaient ailleurs » qui suggère, par le pronom indéfini « tous », que la totalité des personnes présentes se désintéresse de cespropos. La Fontaine lui reproche son style compliqué : il lui faut gagner en simplicité et en clarté. Athènes est une démocratie dont les valeurs sont la liberté et le consentement du peuple, c’est pourquoi l’orateur échoue car il brime ses auditeurs. On dénote une antithèse entre les termes « tyrannique » et « république ». L’orateur gronde le peuple au lieu de s’en faire un allié, il ne sait pas...
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