Le pouvoir politique peut-il s'exercer sans violence ?

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  • Publié le : 20 mars 2010
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Le pouvoir politique peut-il s’exercer sans violence ?
Ainsi, la violence se caractérise par un usage abusif, sans règle, que rien ne peut réguler de la force. Pourtant, le pouvoir politique ne peut se passer de l’usage de la force. En ce qui concerne le pouvoir politique de l'État, pour faire respecter les lois, le droit qui régit les rapports entre les citoyens on oppose ainsi auxcitoyens récalcitrants une force supérieure à la leur. Cela est nécessaire dans bien des cas étant donné que chacun, en tant qu’individu égoïste peut vouloir faire exception et ne pas se soumettre spontanément aux lois en vigueur. Ce recours à la force est légal sinon légitime. Qu’est-ce qui peut le rendre légitime ? Le fait que les lois elles-mêmes le soient. On peut alors observer quechronologiquement la violence succède au pouvoir politique. En ce qui concerne le fait de fonder le pouvoir sur la violence, on note cette fois que la violence a le statut de fondement ou de moyen de conserver le pouvoir politique : elle lui est donc logiquement antérieure. Ce qui constitue une première différence qui interdit d’identifier ces deux {text:soft-page-break} réalités.
On voit que l'État ne peutse passer de la violence mais une violence qui est endiguée. L’ordre politique s’oppose par la force à LA violence de libertés débridées. L'État doit donc exercer une violence afin de l’endiguer. Pourtant cette exercice de la violence par le pouvoir politique, même s’il est légal semble parfois plus complexe à légitimer. Comment ne pas qualifier de violentes certaines actions du pouvoir politique(la prison par exemple) ? Le pouvoir politique est donc éminemment lié à la violence qui est sa condition de possibilité en même temps que son expression masquée lorsqu’il prétend ne pas être fondé sur elle. Mais son fondement paraît au grand jour pourrait-on dire lorsqu’il la force pour se faire respecter : le pouvoir avoue simplement ses origines lorsqu’il s’impose pas la violence. Né de laviolence, il n’a pas rompu avec ses origine et utilise encore la violence pour s’imposer.
Comment, si le pouvoir ne peut, en dernier recours, se conserve uniquement par la violence, si la violence est toujours un des moyens du politique, croire en la parfaite légitimité de ce pouvoir ? Ne faut-il pas penser une éventuelle violence du pouvoir politique. Si le pouvoir était légal et légitime,pourquoi doit-il recourir à la contrainte, à la violence pour se faire respecter ?
On voit que la violence utilisée par l'État est strictement encadrée par des procédures, des lois, et des instances politiques. Plutôt que de parler de violence débridée, on devrait parler d’usage de la force par le pouvoir politique. Il n’existe pas de communauté politique sans une force qui la fonde et la conserve.Comme l’explique Max Weber dans Le savant et le politique, l'État est l’instance qui a le « monopole de la violence physique légitime » : « Comme tous les groupements politiques qui l’ont précédé historique­ment, l'État consiste en un rapport de domination de l’homme sur l’homme fondé sur le moyen de la violence légitime (c’est-à-dire sur la violence qui est considérée comme légitime) ». Cettedéfinition montre que pour fonctionner et assurer la sécurité commune, l'État doit disposer de moyens de contraintes physiques qu’il peut, et lui seul, légitimement utiliser. C’est le cas de la violence de la loi quand elle ordonne l’incarcération d’un individu, de celle d’une armée qui défend le territoire national. Il a bien de la violence, un usage de la force qui vise à faire du tort, mais cet usageest réglée, contrôlé selon la fin qu’il veut réaliser.
Qu’est-ce qui peut alors fonder le pouvoir politique et rendre légitime l’utilisation de la violence pour le faire respecter ? On a souvent mis en avant les droits imprescriptibles de l’homme, les « droits naturels » proclamés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyens : égalité, liberté, sûreté, propriété. Serait légitime...
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