Le pouvoir politique

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  • Publié le : 18 juillet 2010
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LE POUVOIR POLITIQUE

Introduction

Aristote le disait déjà, le comte de Montalembert, historien et homme politique français, le répétait vingt-deux siècles plus tard « Vous avez beau ne pas vous occuper de la politique, la politique s’occupe de vous tout de même. » Il semblerait dès lors que depuis Socrate et Platon, depuis le Vème siècle avant notre ère, la politique tienne une placecentrale, fondamentale dans la vie de nos sociétés. Pour qu’elle puisse s’appliquer, la politique s’exerce à travers le pouvoir dans la mesure ou c’est grâce à lui que la relation entre gouvernants et gouvernés va s’établir. Ainsi, de Platon à Foucault en passant par Hobbes, Locke ou Rousseau, l’Homme n’a cessé de réfléchir à son comportement en société et à la vraie nature du pouvoir. Le pouvoirpolitique correspond à l’ensemble des processus et des rôles sociaux par lesquels sont prises et exécutées des décisions qui concernent les actions collectives et la régulation sociale de la société globale. Il décide, il règle commande et sanctionne.
Pour être un moyen efficace imposant l’exécution des décisions politiques la puissance publique doit être supérieure à la puissance de n’importequ’elle groupement particulier. Cependant, comme le dit Rousseau « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ». On comprend donc aisément que pour être efficient le pouvoir doit devenir aux yeux des gouvernés, un pouvoir légitime.

I. Les enjeux de la légitimation du pouvoir politique

A. L’acquisition del’autorité : Vers l’indépendance du pouvoir politique

Nous ne pouvons prétendre ici faire un tableau exhaustif et une analyse détaillée de toutes les procédures de légitimation. Nous nous en tiendrons donc à quelques principes généraux.

• Finalité naturelle, modèle divin et loi naturelle

Le courant du droit naturel pose le principe selon lequel le pouvoir est bon dans la mesure où lasociété est naturelle, ou l’homme lui même est bon et recherche le bonheur.

C’est Aristote le premier qui va légitimer le pouvoir en soulignant l’importance du « Télos » c’est à dire de la finalité de ce dernier. Pour lui, le vivre-bien de la communauté politique est le principe, le fondement même de toute légitimation du pouvoir dans la mesure ou son but, s’il conserve une « forme droite »,reste le bien commun. Dans La Politique, il insiste sur le fait que « la vertu doit être l’objet des soins d’un Etat qui mérite véritablement son nom » et, pour lui, il est important que ce qu’il appelle « les belles actions » soient posées comme véritables « fins de la communauté politique ».
Saint Thomas d’Aquin poursuit dans Du gouvernement du Prince. Il part du constat établit par Aristotepour démontrer que la tâche du Prince est de permettre la réalisation parfaite des fins humaines qui sont bonnes et raisonnées de part leur nature. Il reprend ainsi une phrase de Saint Augustin selon laquelle “Les Justes commandent non parce qu’ils ambitionnent de dominer mais parce qu’ils veulent servir par leur sagesse”.
Quatre siècles plus tard, réfutant ainsi vivement les thèses de Filmerselon lesquelles la source de tous les pouvoirs provient du pouvoir personnel d’Adam et de son droit paternel de juridiction, John Locke va affirmer que la loi naturelle reste la référence suprême à partir de laquelle la légitimité peut être établie. Dans son Traité du gouvernement civil de 1690, il va donc établir la légitimation du pouvoir politique en partant lui aussi de ses origines. Eneffet, pour Locke, la société politique correspond au prolongement et à l’amélioration de l’Etat de nature et son institution résulte d’un accord entre les individus. C’est donc parce que la société prend forme par l’accord du plus grand nombre que le pouvoir peut légitimement s’exercer par ce dernier. Le gouvernement ainsi institué dispose en conséquence d’un pouvoir souverain, bien qu’il reste...
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