Le quoi

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XXe SIÈCLE

Théâtre : texte et représentation

JEAN-CLAUDE GRUMBERG L’Atelier
(196 – 4,30 €)

I. Pourquoi étudier L’Atelier en Première ?
Jean-Claude Grumberg, né à Paris en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, de parents juifs, est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre. L’Atelier (1979), pour laquelle il a reçu le Molière du meilleur auteur dramatique, est sans doutesa pièce la plus jouée et la plus connue. Dans un atelier de confection, de 1945 à 1952, des employés travaillent et, entre rires et larmes, racontent leur vie pendant l’Occupation et dans l’immédiat après-guerre : un Juif qui a été déporté, un autre qui a vécu caché en zone occupée, une troisième qui s’est réfugiée en zone libre, une quatrième, encore, dont le mari a été arrêté et envoyé dans lescamps, mais aussi des jeunes gens à peine touchés par la guerre et une femme dont le mari a peut-être collaboré. Autant de destins qui se croisent et soulèvent tous la même question : comment vivre après le traumatisme de la guerre et de la Shoah ? Travailler sur L’Atelier en Première, permet de répondre à l’objet d’étude sur le théâtre, « texte et représentation » (grâce à la mise en scène filméede Gildas Bourdet, 1999), et rend possible un lien avec le programme d’histoire de cette classe. Plus précisément, L’Atelier permet : – d’étudier les principales caractéristiques de l’écriture théâtrale : scène d’exposition, de dénouement, coup de théâtre, péripétie, didascalie, monologue, dialogue, tirade, personnage ; – d’aborder la notion de registre : comique, pathétique, polémique. L’étudemettra en jeu des méthodes variées : – lectures analytiques ; – lectures comparatistes ;

L’ATELIER

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– questions synthétiques ; – analyses d’une mise en scène et proposition de jeu pour les élèves. La séquence proposée suggère la réalisation par les élèves de différents exercices (recherches documentaires, écrit d’invention, préparation à la dissertation, lectures expressives et misesen jeu). Cette étude trouvera un prolongement dans la lecture de textes portant sur l’expérience concentrationnaire (voir dossier de l’édition, p. 142).

II. Présentation de l’œuvre
Pour un exposé plus détaillé, on se reportera à l’édition, p. 5-22.

• Comment parler des camps ?
PEUT-ON PARLER DES CAMPS D’EXTERMINATION ? L’Atelier prend place dans un contexte particulier. En effet, les scènessont précisément datées de 1945 (« Un matin très tôt de l’année 1945 », scène 1) à 1952 (« Une fin d’après-midi en 1952 », scène 10). Elles se déroulent donc dans l’immédiat après-guerre. Mais les personnages ne cessent de faire référence au passé, notamment à la Shoah, à l’extermination des Juifs décidée par les nazis en janvier 1942, lors de la conférence de Wannsee, près de Berlin. Nombreuxsont les Juifs qui ont été déportés dans des camps de concentration et d’extermination au cours de la Seconde Guerre mondiale. Peu en sont revenus. En 1940, la France comptait trois cent mille Juifs. Soixante-quinze mille d’entre eux ont été envoyés dans les camps et seulement trois pour cent en sont ressortis vivants, le plus souvent malades. Pour ceux qui ont survécu s’est posée la question dutémoignage et de sa légitimité. Faut-il raconter l’horreur des camps ? Ceux qui l’ont connue n’en ont pas toujours la force, ils redoutent de revivre par le souvenir cette expérience douloureuse, ils craignent aussi l’accueil qui pourrait parfois leur être réservé ; ceux qui ne l’ont pas vécue hésitent à prendre la parole en lieu et place de ceux qui sont morts. Au contraire, d’autres éprouvent lebesoin de témoigner, à l’instar de Primo Levi qui, dès 1947, publie Si c’est un homme (voir dossier, p. 142) : « Le besoin de raconter aux “autres”, de faire participer les “autres”, avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires », écrit-il dans l’appendice de son ouvrage. Pour Primo Levi, il...
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