Le refus de travail a-t-il un sens ?

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  • Publié le : 26 mars 2011
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Le refus du travail a-t-il un sens ?

Si le refus du travail a un sens, c’est que le travail en lui même est insensé ou absurde.
Le problème soulevé par cette question est donc celui du sens du travail que l’on peut interpréter comme étant le problème de la valeur du travail.
Mais ce qui fait l’originalité de la question posée c’est le terme sens.
Analyse du mot sens :
Rien n’a en soi desens et les choses ne peuvent avoir de sens que pour soi. Il faut en effet distinguer soigneusement des causes que l’on peut objectivement expliquer et du sens que l’on peut subjectivement comprendre. Par exemple on peut expliquer comment on existe sans pour autant comprendre pourquoi on existe. Les notions de sens et de subjectivité vont de pair. En conséquence, si le travail peut avoir du sensc’est parce que le sujet peut s’y retrouver.

Hegel confirme de façon radicale cette hypothèse d’un travail qui forme la subjectivité. Pour que le sujet s’affirme il doit prendre conscience de lui. Mais cette prise de conscience ne peut pas être direct, elle doit passer par l’intermédiaire d’un autre que le sujet, c’est a dire un objet. On peut prendre l’analogie de l’œil qui ne peut pas se voirvoyant (en train de voir) sans passer par l’intermédiaire d’un miroir, miroir qui n’est qu’un moyen.
Le sujet quand il modifie la nature donc quand il nie les objets, bref quand il travaille, peut ainsi dans les produits de son travail disposer d’une surface réfléchissante grâce à laquelle il peut se reconnaître. Le maître pourrait croire que le travail de son esclave lui revoie l’image de sapuissance mais premièrement l’esclave ne peut renvoyer que l’image de la servilité.
Et deuxièmement, le maître dépend du travail de son esclave alors que dans un même temps l’esclave grâce à son travail se rend maître de la nature (Marx retiendra l’idée de Hegel selon laquelle dans l’histoire les travailleurs se libèrent).

A.Camus dans Le Mythe de Sisyphe propose un réflexion sur l’absurdité de lacondition humaine. Ce mythe symbolise en effet le travail inutile, inefficace, dénué de sens. N’importe quel effort n’est pas du travail et le travail doit être défini comme une activité de transformation de la nature dans le but de satisfaire efficacement nos besoins. Notons cependant qu’il ne suffit pas qu’une activité soit objectivement efficace pour qu’elle soit subjectivement significative.Kierkeguard infirme de façon radicale l’hypothèse d’un travail formateur. En effet, pour lui, la valorisation du travail est une idée vulgaire, au contraire la véritable noblesse consiste dans l’oisiveté sans envie, c’est à dire l’attitude spirituelle qui consiste à se réjouir d’être au lieu de s’exciter à faire. L’humanité est davantage du coté de la contemplation que de l’action.

Marx estun homme d’action qui a lutté au côté des ouvriers en même temps d’être un théoricien qui a analysé les mécanisme économique du capitalisme scientifiquement et méthodiquement. Marx va affirmer simultanément et donc paradoxalement que le travail est humanisant et qu’il est déshumanisant. Ce n’est pas Marx qui se contredit, c’est le travail qui est en lui-même contradictoire. Marx va essayer depenser le sens de cette contradiction.
Dans un premier temps, jusqu’à la l.6 , il présente l’origine du travail en montrant qu’il est un activité physique et matérielle. La deuxième partie du texte définie l’essence du travail en affirmant qu’il est un activité psychique et spirituelle. La thèse du texte est dans cette deuxième partie, il oppose radicalement l’activité animale et le travail humain quiest réfléchi et surtout volontaire (et non pas instinctif). Illustration par l’abeille et l’architecte. Deuxième différence : l’activité de l’abeille est parfaite parce qu’elle est permanente, toujours la même. Inversement le travail humain est historiquement variable.
Marx se fait donc une très haute idée du travail c’est au nom de cette très haute idée du travail que Marx a pu dénoncer...
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