Le regard dans l'immoraliste

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  • Publié le : 28 avril 2011
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Le regard critique dans L’immoraliste

En 1902, André Gide publie L’immoraliste. C’est son premier roman depuis cinq ans et reçoit une meilleure critique que son précédant, Les Nourritures terrestres. Pourtant, très vite, on fait le rapprochement entre l’auteur et son personnage principal, qui ne formeraient qu’une seule et même personne. Même ceux qui le connaissent bien se laissent leurrer.Gide se sent incompris. Il écrivait à Paul Valéry en 1902 qu’il n’était pas l’immoraliste. L’auteur lui reprochait de voir trop le plaidoyer et pas assez la satire. « Il n’y a pas plus d’autobiographie là que dans Palude ou Candaule. » Puisque l’œuvre ne suit pas le modèle classique de la satire, il faut déterminer en quoi L’immoraliste en est une. Le mot « satire » exprime avant tout lareprésentation des travers d’une société bien que ce style ait été utilisé dans la comédie et prenait comme forme la prose, il n’y a pas qu’en faisant rire que l’on peut étaler les vices de ses contemporains. André Gide utilise Michel comme vecteur pour critique -le récit étant au « je », il n’y a que son point de vue que l’on connait- c’est donc à partir de ce personnage qu’il faut voir la représentation.Ce denier est en représentation lorsqu’il raconte le récit principal du roman, de la manière dont il devint l’immoraliste. Il l’est aussi à travers ses dialogues dans le roman, car à chaque fois qu’il émet son opinion, il s’expose au jugement des autres, à leur regard critique. En reliant la notion de la satire, au personnage de Michel, quel sens a ce dernier à travers le regard des autres? Dans lecas présent, on pourrait plutôt parler d’effet que de genre. C’est la tonalité qui est satirique plus que l’œuvre, elle-même, mais par le regard critique et ironique des autres, il est possible de voir le genre que Gide voulait exposer dans son œuvre. C’est en s’attardant aux autres, c’est-à-dire à l’auteur et les personnages de Marceline et Ménalque qu’il sera possible de voir ce ton ironique.En se basant sur la manière qu’a André Gide d’écrire et en faisant bien la distinction du personnage de Michel et de la personne qu’est Gide, on pourra voir l’angle satirique que l’auteur voulait que l’on perçoive en lisant son roman. Il n’y a pas que l’auteur qui puisse montrer cette vision, dans le roman même, les personnages secondaires - avec Marceline et Ménalque- dans leurs interactions avecMichel permettent de voir un peu mieux toutes les contradictions du personnage et l’ironie qui s’en dégage.
Dans un premier ordre d’idées, il est nécessaire de s’attarder à l’auteur pour mieux comprendre comment celui-ci caractérise Michel. Ce qui est propre à Gide ressort chez Michel et on ne peut nier qu’à travers Gide, Michel prend un tout autre sens. C’est par la plume et la manière dontcelle-ci transmet que le lecteur peut comprendre les éléments satiriques. L’écriture à la première personne chez Gide n’est pas chose nouvelle dans son œuvre. Oscar Wilde même dit un jour à Gide « promettez-moi : maintenant n’écrivez plus jamais je. » Mais, André Gide saurait-il écrire à une autre personne? C’est une écriture qui lui est propre.
« Il [le moi gidien]obéit à un besoin de totalité quilui interdit de séparer sa vie de son œuvre dans la manifestation synthétique de sa vocation d’artiste. Par là, il critique d’avance la remise en question moderne de l’identité de l’écrivain. »

C’est en quelque sorte l’égotisme-ironie de soi- que l’auteur utiliser dans son œuvre. Il écrit sur ce qu’il sait et «ne propose rien à son lecteur qui n’ait expérimenté lui-même.» Gide va chercher enlui tout ce dont il a besoin pour créer. Ses personnages lui ressemblent ou bien représente ce qu’il connait. L’égotisme est une volonté à ne compter que sur soi-même. L’écrivain en tant qu’individu se suffit à lui-même et n’a besoin que de sa propre personne pour l’inspirer. L’auteur doit aussi penser de cette manière entre dans l’immoraliste. Michel aussi parait ne vouloir ne rien devoir....
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