« Le rire satirique »

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  • Publié le : 23 octobre 2011
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« LE RIRE SATIRIQUE »

I. Synthèse de documents : 40 points.

Vous ferez de ces 4 documents une synthèse objective, concise et ordonnée.

Document 1 : P. SIANKOWSKI, « Peut-on rire de tout ? », Label France, n° 56, 2004.

Document 2 : J.-G. FREDET, « Gaspard Proust : Rire sans frontière », Le Nouvel
Observateur, 14 avril 2010.

Document 3 : V. BROCARD,« Stéphane Guillon ou l’humour du risque », Télérama,
31 décembre 2008.

Document 4 : PLANTU, Bonne année 2009 sur plantu.fr.

II. Écriture personnelle : 20 points.

Selon vous, peut-on rire de tout ?

Vous répondrez à la question d’une façon argumentée en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l’année et vos connaissances personnelles.

DOCUMENT1 : Pierre Siankowski, « Peut-on rire de tout ? », Label France, n° 56, 2004.

À la question: « Peut-on rire de tout ? », l’humoriste français Pierre Desproges répondait, de façon presque définitive : « On peut rire de tout, oui, mais pas avec n’importe qui. » La question, qui fleure bon la dissertation de philosophie, est régulièrement posée dans le débat public français, et les histoiresles « moins drôles » provoquent parfois des poursuites judiciaires.
Si la législation française est plutôt tolérante vis-à-vis de l’humour, qui jouit comme toute forme artistique de la primauté donnée à la « liberté d’expression » dans la Constitution, encore faut-il pouvoir justifier qu’il s’agit bien toujours de cela lorsque l’on s’aventure sur un terrain glissant, au risque d’être accuséd’« injure » ou de « diffamation ».
« On peut rire de tout, oui, mais à condition d’être drôle », pourrait-on dire. L’enjeu est là, et il est de taille. Car, à l’heure des tensions identitaires, de la judiciarisation de la société et du triomphe du « politiquement correct » — qui a notamment le mérite de sensibiliser l’opinion au problème des discriminations —, l’humour, comme toute autre formed’expression, est soumis à de fortes pressions.
Rire, est-ce forcément se moquer, mettre à l’index ou stigmatiser ? Le comique ne peut-il fonctionner qu’au détriment d’un autre sur le modèle du fameux gag de la « tarte à la crème » ? Juridiquement, la frontière du « drôle » et du « pas drôle » est très difficile à fixer, c’est une certitude. Ce qui fait rire les uns peut laisser froids lesautres, voire les offusquer. Comme la tragédie classique, le comique doit savoir respecter des unités, de temps et de lieu : « On peut rire de tout, mais pas n’importe où et pas n’importe quand », pourrait-on suggérer. Mais, outre l’importance du lieu et du climat — de tension — dans lesquels les blagues sont faites, c’est avant tout la subtilité du comique et son aura qui font la différence, quilégitiment l’humour, même le plus culotté.
Quand Desproges singe Adolf Hitler, quand Coluche raille les policiers, quand Valérie Lemercier montre ses seins sur scène ou quand le très populaire Jamel Debbouze égratigne ouvertement Bernadette Chirac, les bornes sont peut-être franchies, d’un strict point de vue juridique, mais tout le monde rit avec eux. Question de talent? Question surtoutd’intention, car ces humoristes sont à la recherche permanente d’une forme d’humour universelle et partageuse. Parfois très acides et adeptes du flirt avec les limites, des artistes comme Coluche ou Desproges ont toujours réussi à se protéger en concevant peut-être le rire comme un « vouloir rire ensemble », une expression qui les aurait sans doute fait sursauter. Mais celle-ci résume pourtant bien uneenvie de ne pas exclure, de considérer l’humour comme un acte rassembleur, que la loi respecte alors au plus haut point. Car, c’est sûr, lorsqu’il est déclenché pour tous, le rire protège de tout et de tout le monde. « On peut rire de tout, mais à condition que tout le monde rie », serait alors un élément de réponse, mais qui n’aurait certainement pas plu à Pierre Desproges.

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