Le rire

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  • Publié le : 13 juin 2011
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A quoi sert l’humour ?

L’humour est une forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière plaisante, imprévue ou insolite. « Un art d'exister » écrit Robert Escarpit, qu’on attribue souvent aux britanniques. Il y a un lien évident entre l’humour et le rire : l’humour a pour fonction de faire rire. Or on peut reconnaître trois caractéristiques au rire :

▪ sa spécificitéhumaine « le rire est le propre de l’homme » disait Aristote repris plus tard par Rabelais ; les animaux ne pleurent ni ne rient ; l’humour est profondément humain ;

▪ sa relation à la joie et au plaisir procuré par le comique ;

▪ son aspect spontané, automatique, quasiment réflexe, qui le lie à l’intuition -parfois on ne peut s’empêcher de rire, alors qu’on ne le voudrait pas-. S’il fautexpliquer un jeu de mots, il ne fait plus rire. Il y a peut-être des intelligences sans humour, mais il n’y a pas d’humour sans intelligence.

Qu’est-ce qui fait rire et pourquoi rit-on ?

Le rire, c’est une décharge, « émanation, explosion » dit Baudelaire, provoquée par la différence entre ce qu’on attendait et ce qu’il advient. Le risible provient d’une contradiction, d’une incongruitésoudainement observée. C’est un différentiel. C’est pourquoi, lorsqu’on raconte « une blague », la chute, c’est à dire la manière dont on termine, est particulièrement importante et peut tout faire rater. Il est important aussi que le narrateur ne rie pas lui-même (sauf dans certains sketches où le rire, ou le fou-rire est un élément du comique). Exemple :

Comment appelle t-on un chien sanspatte ?
- On ne l’appelle pas, on va le chercher.

On peut rappeler ce dialogue entre De Funès et Bourvil, dans  « la Grande Vadrouille » :

Bourvil  : En tout cas, ils peuvent me torturer, je ne dirai rien !
de Funès : Moi, c’est pareil : ils peuvent vous torturer, je ne dirai rien !!

Ou les textes de Raymond Devos, jouant en permanence sur le double sens des mots etla transposition d’un registre à l’autre, sur l’idée que toute vérité est réversible :

Un jour/ en pleine nuit/ mon médecin me téléphone : Je ne vous réveille pas ?
Comme je dormais, je lui dis : Non.
Il me dit : Je viens de recevoir du laboratoire le résultat de nos deux analyses. J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : en ce qui me concerne, tout est normal. Par contre, pourvous… c’est alarmant !
Je lui dis : Quoi ? Qu’est-ce que j’ai ?
Il me dit : Vous avez un chromosome en plus…
Je lui dis : C’est à dire ?
Il me dit : Que vous avez une case en moins (…) Vous avez le virus du tueur…
Je vous rassure tout de suite. Ce n’est pas dangereux pour vous, mais pour ceux qui vous entourent… Ils doivent se sentir visés.

A quoi ça sert l’humour ?Certains pratiquent facilement l’humour. A quoi ça sert ? On peut lui reconnaître trois fonctions : prise de distance, conquête de la sympathie, conquête de la transcendance.

L’humour comme prise à distance :

L’humour est un mécanisme de défense contre l’angoisse. Freud raconte l’histoire de ce condamné à mort qui dit, alors qu’l’on mène à la potence un lundi s’écriant : « Voilà une semainequi commence bien ! ». Rire de soi, de ses malheurs, permet de les relativiser. C’est une forme de pudeur. L’humour permet en effet de dédramatiser ; comme si on disait «  regarde ce monde qui paraît si dangereux : c’est un jeu d’enfant, tout juste bon à une plaisanterie. » On dit quelquefois « il ne faut pas plaisanter avec ça ! ». Peut-on rire de tout ? Pierre Desproges a répondu « oui, mais pasavec tout le monde ».

Max Jacob définit l’humour comme « une étincelle qui voile les émotions, répond sans répondre, ne blesse pas et amuse » (Conseil à un jeune poète)

On peut citer en ce sens l’humour juif qui a fait l’objet de nombreuses études. Attention, il ne s’agit pas d’histoires juives, inventées par des non-juifs souvent teintées d’antisémitisme, mais d’histoires que les juifs...
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