Le roi lear / lear

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  • Publié le : 11 décembre 2010
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Ionesco disait , « C’est le mal, le mal politique qui triomphe. N’est-ce pas ce que nous ont appris des siècles d’histoire ? », le critique Jann Kott le rejoint d’un certain point de vue, en affirmant que « dans le drame moderne, le destin, les dieux et la nature ont été remplacés par l’Histoire ». Jann Kott paraît supposer ici que dans les tragédies de Shakespeare le protagoniste n’est pasl’histoire mais que ce sont le destin, les dieux et la nature. L’histoire ne serait donc présente que dans les drames modernes où aucune trace du destin, de dieu ou de nature ne serait présent. Là serait la différence notable entre les réécritures modernes et les tragédies Shakespearienne ? Nous nous demanderons donc si cette « différenciation » est juste, nous essaierons de comprendre dans quellemesure cette citation se réfère aux œuvres et les limites qu’elle leur attribue aussi. Nous essaierons d’étudier cette la différence apparente entre les drames modernes et les tragédies shakespeariennes pour ensuite constater une réelle connivence dont nous tenterons d’élucider la fin.

Tout d’abord une des différences notables dans les tragédies Shakespeariennes par rapport aux drames modernes,c’est l’espoir. Si l’on prend par exemple, la tragédie de Macbeth, on peut y entrevoir au milieu même du cauchemar, une touche d’espoir lorsqu’à la fin de la pièce, Malcolm prend le pouvoir et promet un monde de paix. Contrairement à la réécriture qu’en fait Ionesco dans laquelle règne un terrible désespoir puisqu’à la fin de la pièce lorsque Macol s’empare du pouvoir, il déclare « Je sens que tousles vices sont si bien greffés en moi, que, lorsqu’ils s’épanouiront, le noir Macbett semblera pur comme neige et notre pauvre pays le tiendra pour un agneau, en comparant ses actes à mes innombrables méfaits. »(p137),
De plus, on note la violence de l’écriture de Bond qui réécrit le Roi Lear en ajoutant des scènes de tortures tout à fait ignobles et en montrant l’Homme comme une proie pourlui-même. Il n’hésite pas à repousser les limites de l’insupportable quitte à ce que la lecture en devienne pénible « Tue ses mains ! Tue ses pieds ! Saute sur ça – tout ça ! (…) Regarde ses mains comme des crabes dans l’eau bouillante ! Tue ça ! Tue tout ça ! Tue le là-dedans ! Qu’il soit mort ! Père ! Père ! J’ai envie de m’asseoir sur ses poumons ! » (Acte I, 4).
De plus, dans les tragédiesShakespeariennes, le langage est toujours noble, les discours sont grands, pleins de poésies, en revanche dans les réécritures modernes c’est le vide et la vulgarité qui dominent. En effet, si l’on prend la pièce de Macbeth ou du Roi lear, les deux pièces Shakespearienne sont pleines de poésie de recherches stylistiques, de vocabulaire élevé ainsi que de métaphores, « fair is foul, and foul isfair »(Acte I,1) tandis que dans les réécritures modernes, un « Merde ! » de Macbett se substitue aux grandeurs des discours shakespeariens, et la violence est dans les faits et dans les mots «  Les corps gras des noyés ont bu toute l’eau des lacs dans lesquels ils s’étaient jetés. Il n’y a plus d’eau, même polluée. Pas assez de vautours pour nous débarrasser de ces cadavres »(p46, Macbett). La vulgarité esttrès présente dans la pièce de Bond « R’mue pas ! R’garde la dame en face quand a t’cause ! »(Acte I,4). Rien ne reste dans la grandeur des discours du dramaturge anglais dans les réécritures, les personnages sont vides, n’ont plus aucune identité, chez Ionesco, ils répètent les mêmes phrases et se ressemblent tous.
Enfin, une des différences que l’on remarque également ce sont les nombreusesquestions chez Shakespeare, auxquelles il ne donne aucune réponse. Les personnages appellent les Dieux mais leur présence n’est pas affirmée, de plus Shakespeare ne tranche pas quant à la question du « Mal », est-il le propre de l’Homme ? En revanche, chez les dramaturges du XXème siècle, la réponse est présente, ils considèrent l’homme comme mauvais dans son essence, même si certains...
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