Le roi se meurt

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teledoc
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2006 2007

Le roi se meurt
Une pièce d’Eugène Ionesco, mise en scène par Georges Werler (2005), captée par Roberto Maria Grassi, avec Michel Bouquet, Juliette Carré, Valérie Karsenti, Jacques Échantillon, coproduite par le Théâtre Hébertot, La Compagnie des Indes, Arte France et France 4, diffusée dans Le Spectacle du dimanche. 1 h 40 min

De lafarce tragique d’Eugène Ionesco, la mise en scène de Georges Werler choisit de souligner jusqu’à l’épure l’issue dérisoire et désespérée. Et dans le rôle du vieux monarque solitaire d’un royaume réduit à sa simple expression, Michel Bouquet offre un saisissant numéro d’acteur, pour lequel il a obtenu le César du meilleur comédien en 2005.

ARTE
TNT : DIMANCHE 29 OCTOBRE, 9 h 30

Une farcetragique
Français, lycée
Le roi se meurt. Il lui reste une heure et demie à vivre, le temps d’une tragédie, pendant laquelle tout son royaume, cinq personnages, se divise, entre espoir et satisfaction face à l’accomplissement du destin. Avec lui, c’est son univers qui s’effondre : le palais se fissure et les frontières se rapprochent. Le roi Bérenger Ier, interprété magistralement par MichelBouquet, apprend à mourir, exprimant tour à tour dénégation, révolte et résignation. Le roi perd graduellement tous ses pouvoirs, pour n’être plus qu’un homme, seul face à l’inéluctable, pathétique et burlesque à la fois. Grâce à la mise en scène de Georges Werler, le spectateur saisit ce que la représentation d’une pièce peut ajouter à un texte de théâtre. Elle exhibe la déchéance du roi et de sacour, par les mimiques grotesques des comédiens, mais aussi par des costumes et des objets qui perdent peu à peu leur fonction symbolique.

Le tragique

Rédaction Laurence Jung, professeur de lettres modernes Crédit photo La Compagnie des Indes Édition Anne Peeters et Émilie Nicot Maquette Annik Guéry Ce dossier est en ligne sur le site de Télédoc. www. cndp.fr/tice/teledoc/ .

> Comparer lesdéfinitions de la tragédie antique et de la tragédie classique avec cette mise en scène du Roi se meurt, afin de dégager les caractéristiques tragiques de cette pièce. • La règle des trois unités est respectée. Comme chez Racine, elles créent un effet d’enfermement des personnages qui ne peuvent échapper au destin. L’intrigue est presque inexistante: seule la condition physique et psychologique duprotagoniste évolue. Ionesco n’a pas découpé la pièce en actes et, de fait, si le rideau se lève, il ne se baisse pas. La fatalité est soulignée par le compte à rebours impitoyablement prononcé par la reine Marguerite. Le langage métathéâtral fait référence au genre de la tragédie tout en instaurant une distance avec celui-ci: «Tu vas mourir à la fin du spectacle.» Pas d’échappée possible. • Latragédie, le genre le plus élevé du théâtre selon Aristote, se déroule le plus souvent dans un palais et représente la chute de rois ou de reines. Beaucoup d’éléments de la mise en scène connotent la royauté. Les objets d’abord : trônes, couronnes, sceptre, symboles du pouvoir. Le décor, contrairement à la didascalie initiale de la pièce, ne comporte pas d’élément gothique mais des murs pourpres.Ceux-ci évoquent à la fois le rideau du théâtre et les rideaux de velours qui servaient d’arrière-plan aux portraits royaux. Les costumes reprennent aussi matières et couleurs des portraits de l’Ancien Régime: le costume du roi est pourpre et rouge, relevé d’or, tandis que la robe de la reine Marguerite est pourpre, assombrie de dentelle noire. Sous son manteau, le roi porte une tenue d’inspirationRenaissance, des bas blancs, un renard au col. Sans s’inscrire dans une époque précise, les décors et les costumes symbolisent clairement le pouvoir royal dans la culture occidentale. • Comme dans beaucoup de tragédies, la personne du roi et le royaume se confondent. Comparons les signes de la mort du roi dans la pièce avec le fléau qui s’abat sur Thèbes dans les premières pages d’Œdipe-roi....
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