Le roman nous rapproche ou nous éloigne-t-il de la réalité ?

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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I. Ecriture.

Le poète Philippe Jaccottet a choisi dans La promenade sous les arbres la forme du dialogue afin de présenter sa vision du monde aux lecteurs sous deux aspects grâce aux interventions de deux personnages. Les interventions de « L'autre » sont très brèves en comparaison à celles de « L'un », permettant à ce dernier la relance du propos. On remarque que « L'autre » contesteles affirmations de « L'un » de façon très simple sans approfondir ses arguments contrairement à « L'un » qui complique ses arguments. Nous pouvons penser que « L'un » et « L'autre » sont en fait le poète lui-même, défendant deux points de vue différents en prenant plus part aux arguments de « L'un » que ceux de « L'autre». Finalement, cette forme dialoguée sert à montrer aux lecteurs deux pointsde vues différents en utilisant des arguments plus forts que d'autres afin de convaincre les lecteurs sur l'un de ces points de vue.

II. Dissertation.

La poésie est un art pratiqué depuis des siècles et offre un large panel de fonctions, parmi lesquelles on peut retrouver la libération du poète de ses souffrances, ou simplement écrire pour faire passer un message sur le monde qui nousentoure. Le but et l’effet produit n’est ainsi pas le même ; la réalité des maux d’un auteur, la fantaisie d’un rêveur ou le point de vue d'un poète s’opposent largement et peuvent nous faire douter sur le but même de l’écriture poétique. Pour effacer ce doute, on peut se demander ce que l'on attend de la poésie : qu'elle nous éloigne du réel ou qu'elle nous rapproche subtilement de la réalité ?Ainsi dans un premier temps, nous verrons dans quelle mesure la poésie nous éloigne du monde réel, puis dans un second temps comment elle nous rapproche de la vérité.

Les poèmes offrent souvent des décors merveilleux, éxotiques, qui donnent une dimension autre au poème, ouvrant sur un univers merveilleux et onirique. Cela donne un effet surréaliste aux poèmes et cette dimension irréaliste met enscène comme un refus de la réalité en faveur d’un monde meilleur, plus beau, dans lequel il n'y aurait pas de difficultés : une sorte d’utopie poétique, un monde parfait vu par le poète. C'est comme un échappatoire au monde dans lequel il vit. Par exemple, Rimbaud, dans sn recueil Illuminations, qui comprend entre autres Aube et Les Ponts, évoque des moments rares et merveilleux à ses yeuxdurant lesquels il peut observer la beauté de la Nature, en y citant des éléments tels que des fleurs et des chutes d'eau. A la fin de ces poèmes, le bonheur ressenti est souvent interrompu par un élément perturbateur tel qu’un rayon de soleil, décrit comme « un rayon blanc, tombant du haut du ciel » ou simplement par « il était midi », midi étant le moment où le soleil est le plus haut dans le ciel.On constate donc qu’il y a une limite de l’imaginaire dans le poème ; l’euphorie du poète n’est à chaque fois qu’éphémère.
Aussi, l’écriture poétique peut être un moyen d’échapper à la réalité en décrivant ses maux et les combattre par les mots. En effet, beaucoup disent que l’un des meilleurs moyens pour apaiser la douleur et la souffrance est de l'exprimer grâce à l’art : il exerce un pouvoir"guérisseur" très important puisqu’il instaure une harmonie entre l’artiste et ses créations, issues de son imagination et de son vécu. Par exemple, Baudelaire dans Les Fleurs du Mal, écrit de nombreux poèmes nommés Spleen ( qui vient du mot anglais désignant le mal-être) qui renvoient également au titre du recueil, les fleurs étant le fruit de son imagination : la retranscription de sasouffrance en poèmes. On observe ainsi un paradoxe dès le titre de l’œuvre baudelairienne, entre les fleurs et le Mal, qui donne une dimension imaginaire et irréaliste, puisque on oppose d’une part la Nature, avec les fleurs, qui créent un cadre de beauté et de merveilleux, et d’autre part le Mal qui se voit apaisé, adouci, voire banalisé, malgré son intensité extrême.

Nous venons donc de voir que...
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