Le roman sentimental

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  • Publié le : 7 mai 2011
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LE ROMAN SENTIMENTAL
Le roman sentimental apparaît à beaucoup comme le degré le plus bas de la littérature de masse : on lui reproche
d'être mystificateur, niaisement optimiste, d'ignorer la vérité des rapports sociaux, d'être peu réaliste, de
véhiculer des stéréotypes passéistes. Pourtant sur le plan formel, les romans sentimentaux ne sont pas plus
"mauvais" que les romans policiers. La"faiblesse" des romans sentimentaux réside plutôt dans leur thème : une
quête amoureuse jalonnée d'obstacles traitée de manière schématisée, répétitive et en apparence moralisatrice.
On pouvait croire que ce courant, né au début du 20ème siècle, allait se tarir avec la libéralisation des moeurs;
mais le roman sentimental, fleur bleue et chaste connaît toujours une belle vitalité !
Origines
Leroman rose a trouvé son public le plus large grâce au développement de l'alphabétisation tout au long du
19ème siècle et à l'instauration de l'école obligatoire de Jules Ferry (1881). L'émergence d'un créneau commercial
féminin explique le passage progressif du roman familial dans les publications comme "Le journal du dimanche"
ou "La veillée des chaumières" à de véritables séries autonomes (ex.chez Fayard et Tallandier). Dans son essai,
La relation amoureuse : analyse sociologique du roman sentimental, Bruno Pequignot, distingue plusieurs
phases du développement de l'édition populaire :
• En 1863, Moïse Millaud inaugure, avec le "Petit journal", la formule de la vente au numéro à prix réduit.
• A la fin du 19ème siècle, les premières formes du roman d'amour apparaissent chez CharlesMérouvel ou
Georges Ohnet. Ce type de roman fait appel essentiellement à la pitié, à l'attendrissement d'où le terme de
"sentimental" employé pour le désigner (mais le roman sentimental moderne a perdu ces caractéristiques et
ne fonctionne pas plus à l'attendrissement qu'à la pitié).
• Avec la Belle Époque, les femmes accèdent à la lecture autonome. Autrefois cantonnées par leurs maris et lapression sociale à la lecture des feuilletons de la presse familiale, elles connaissent un bouleversement de
leurs conditions de vie et de leur statut qui leur permet de s'affranchir davantage. De multiples collections
s'adressent au public féminin. La saga du malheur et de la rédemption subsiste, mais sous une forme
nouvelle : une jeune fille est livrée en mariage à un homme plus âgé, avec auterme du récit l'accession tant
attendue à l'amour…Max du Veuzit, Magali, Delly, Barbara Cartland, et bien d'autres, brodent d'infinies
variantes sur ce schéma où le contexte social est complètement occulté : le grand roman populaire est mort ;
le roman sentimental est né.
• Dans les années 1930, les romans feuilletons sont réédités dans des collections de livres (Tallandier).
• Après lapremière guerre mondiale apparaissent des collections, souvent sous forme de "suppléments" à des
journaux féminins (ex. collection "Stella", "Le Petit écho de la mode", etc.).
• En 1947, le roman photo, non exclusivement mais essentiellement d'amour, se développe rapidement ("Nous
Deux" tire à 1 500 000 exemplaires en 1953 !). Après 1977, les ventes stagnent sous la concurrence des
sériestélévisées ("Dallas", "Santa Barbara", "Dynastie", etc.).
Les collections et les tirages
• Les romans sentimentaux sont essentiellement publiés aux éditions Tallandier jusqu'à la fin des années 1970.
Aujourd'hui Harlequin et ses nombreuses collections est le principal éditeur de la littérature sentimentale
avec J'ai lu qui publie notamment les romans de Barbara Cartland.
• 23 millions de romanssentimentaux ont été vendus en France en 1985. Harlequin publie chaque mois 42
titres vendus en moyenne à 50 000 exemplaires.
Le contenu du roman sentimental
Dans son essai Romans d'amour, Michèle Coquillat définit les caractères prédominants du roman sentimental :
• Des personnages stéréotypés : l'héroïne du roman (la vraie femme) apparaît tendre, gracieuse, douce et faible ;
l'homme (le vrai...
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