Le roman

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  • Publié le : 19 avril 2011
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Le roman, P-L Rey

La question du réalisme
Au XVIIe-XVIIIe s'impose dans le roman ce qu'on nommera plus tard le «réalisme».
Qui est plus réaliste? Stendhal, soucieux du «détails» mais préoccupé en priorité de «beaux modèles», ou Balzac dont la fresque transfigure jusqu'aux laideurs de la société? Flaubert, dont les descriptions expriment les rêveries de ses personnages, ou Paul Bourget, quicommence par l'analyse psychologique pour expliquer les comportement?
Sont réalistes, les romanciers qui étudient objectivement les lois de la société; mais ceux qui voient le monde à travers une conscience unique pratiquent ce qu'on nomme le «réalisme subjectif» ou «réalisme de point de vue». En combattant les «notions périmées» (personnage, convention du récit, … ), les auteurs du «nouveauroman» ont milité pour un réalisme mieux compris.
Aussi attaché soit-il à rendre compte du réel, l'écrivaine y parvient à l'aide de son imagination, qui lui permet de transposer dans la totalité d'une forme littéraire la totalité recomposée de son moi et du monde qu'il perçoit, et l manière dont est recomposée cette totalité détermine le style de son oeuvre. Ainsi tout réel devient -il réel dumoment qu'il est profit par une écriture, le parados du roman étant qu'une fois écrite, l'oeuvre ait le pouvoir de créer l'illusion d'un monde parfois plus vrai que celui qui nous entoure.

La part du lecteur
L'illusion suppose la complicité du lecteur.
Seul aux prises avec le texte des histoires, le lecteur leur imprime le rythme de sa rêverie et les ressasse à l'envie.
À la différence de lapoésie ou de la peinture, le roman ne se pratique guère qu'en fonction d'un public. Aussi bien la conception du réel de l'écrivain est-elle orientée par celle qu'il présuppose chez ceux auxquels il s'adresse.
La vraisemblance d''un roman s'apprécie moins en fonction de sa conformité à un réel variable suivant les lieux, les époques, les mentalités, voire les individus, qu'en vertu d'une cohérenceinterne avec laquelle l'écrivaine sait ou non emporter l'adhésion.
Roman des origines et origines du roman, Marthe Robert: «Le degré de réalité d'un roman n'est jamais chose mesurable» «il ne représente que la part d'illusion dont le romancier se plaît à jouer»
Dans ce jeu qui mêle ou sépare notre exigence de réel et notre désir de bonheur, d'émerveillement, de crédulité, réside en priorité l'artdu roman.

I. Histoire du passé, du présent, de l'avenir
Déclin du Roman historique après 1848?
G.Lukacs fixe à 1848 le déclin du type de roman dont Walter Scott avait été l'initiateur
→ l'idée de progrès ne se nourrit plus des contradictions économiques et sociales qui avaient fait sa richesse
Projection de nos modes de penser et de sentir sur ceux des hommes du passé
L'Histoire devientune collection de curiosités.
Coupée du peuple et effrayé par les contradictions qu'impose la démocratie, la classe dominante ne se réfugie dans le passé que pour y trouver un exotisme consolant ou une forme de vie idéale.
→ théorie pouvant s'appliquer parfaitement aux romans de Théophile Gaultier: Le roman de la momie (1857) ou Le capitaine Fracasse (1861)
La distance ironique que Flaubertprend par rapport à Walter Scott est explicite dans toute son oeuvre → Emma Bovary meuble ses rêveries de jeunesse de par les romans de Walter Scott avant de trouver à l'occasion d'une représentation de Lucie de Lammermoor (opéra de Donizetti d'après W.Scott) un reflet de ses malheurs.
Bouvard et Pécuchet découvriront eux aussi le «génie» du romancier écossais
Dans L'éducation sentimentale enfin,Frédéric Moreau veut être «un jour le Walter Scott de la France»
À l'inverse de Salammbô, L'éducation sentimentale (1869) traite d'événements majeurs de l'histoire récente, mais confirme le désengagement de Flaubert. Celui-ci y a affronté en l'écrivant les difficultés du roman historique: «J'ai bien du mal à emboiter mes personnages dans les événements de 48b […] On s'intéresse moins à Frédéric...
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