Le roman

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  • Publié le : 24 avril 2010
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Les origines du roman

Origine d'un mot Au Moyen Âge, le mot roman désigne d'abord la langue vulgaire, langue parlée de communication, par opposition au latin. L'expression mettre en roman renvoie donc à la transcription et à l'adaptation en langue romane de textes divers, alors que l'on nomme «estoire» ou «conte» le récit de fiction. Cependant, dans le prologue du Chevalier à la Charrette(1176 -1181 ), Chrétien de Troyes affirme «entreprendre un roman» : naît ainsi un rapprochement entre ce terme roman et une forme narrative spécifique, rapprochement qui aboutira à la désignation générique moderne. La question du roman antique Pour Bakhtine (Esthétique et théorie du roman, 1978), le roman existe dès le moment où le récit repose sur une dynamique qui représente l'homme dans sondevenir. Il distingue ainsi l'Iliade (épopée dont la matière est le collectif) de l'Odyssée, qui, à partir du périple d'Ulysse, ressemblerait déjà à un roman. Pour d'autres, il convient de réserver l'appellation à des œuvres plus tardives : le roman prendrait naissance dans des sociétés en mutation, grecque (entre le Ier et le IIIesiècles av. J.-C.) puis latine (celle de la Rome impériale), qui accordentplus de place à la notion d'individu et où peuvent s'exprimer un questionnement, un parcours et une réponse personnels face aux hasards du monde. Très vite, le genre est aussi nettement marqué par un mode de représentation réaliste. Ainsi, \eSatiricon de Pétrone (Ier siècle), roman d'amour, est également un tableau des mœurs sous Néron, au fil des différents milieux que côtoient trois jeunes genspendant leur voyage en Italie. L'avènement du roman médiéval Dans l'histoire du roman français, le XIIesiècle constitue un moment fondateur. Cette naissance du roman s'inscrit dans un espace, celui des diverses cours, où apparaît un public nouveau, laïc, dont on s'efforce de prendre en compte les goûts et les valeurs. Ce roman du XII e siècle ne ressemble pas à la prose narrative que nousconnaissons. Il est écrit en vers et il faudra attendre le XIIIe siècle pour qu'apparaisse, puis s'impose l'écriture en prose. Le récit médiéval aborde essentiellement trois «matières» : la «matière de France», qui constitue davantage le sujet de l'épopée ; la
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«matière antique», qui donne naissance aux Romans de Thèbes, Enéas et Troie ou aux diverses versions du Roman d'Alexandre; et enfin, la«matière de Bretagne», qui nourrit à la fois le Tristan, et les romans arthuriens, dont le maître d'œuvre est Chrétien de Troyes (avec entre autres Le Chevalier à la Charrette ou Le Conte du Graal, restés inachevés). Ces romans observent un schéma répétitif: celui d'une errance et d'une quête, à travers lesquelles se découvre et se construit le chevalier; ils préfigurent ainsi les romans initiatiquesmodernes. Le XIII e comme le XIV e siècles prolongent cette période foisonnante : on y trouve de nombreuses réécritures en prose du Graal, dans de vastes cycles comme le Lancelot -Graal (entre 1220 et 1230) ou le Perceforest (vers 1340). Cependant, avec l'essor d'une certaine bourgeoisie urbaine et l'évolution des goûts du public de cour, émergent de nouvelles formes : d'une part, une fictionréaliste (par exemple, Galeran de Bretagne de Renaut) où s'ébauche une certaine vraisemblance psychologique; d'autre part, une représentation, largement allégorique, des motifs de la poésie courtoise avec notamment Le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris (vers 1225-1230), repris par Jean de Meun (vers 1268-1282). De ces mutations naissent deux veines romanesques qui marqueront durablement le genre: celle du réalisme et celle de l'idéalisation. Un genre mineur au xvie siècle? Les réécritures, sérieuses ou parodiques, des romans de chevalerie connaissent encore, au e XVI siècle, un énorme succès «populaire». La production romanesque est aussi marquée par l'influence considérable de deux œuvres, l'une italienne, Orlando Furioso (1516), et l'autre espagnole, Amadis (1508). Mais ces...
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