Le romantisme

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3787 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Article
« La conscience de l’absurdité chez Camus : l’héritage d’un autre existentialisme » Adelino Braz
Horizons philosophiques, vol. 16, n° 2, 2006, p. 1-8.

Pour citer la version numérique de cet article, utiliser l'adresse suivante :
http://id.erudit.org/iderudit/801315ar Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir.Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter à l'URI http://www.erudit.org/documentation/eruditPolitiqueUtilisation.pdf

Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Université de Montréal, l'Université Laval etl'Université du Québec à
Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d'édition numérique de documents scientifiques depuis 1998. Pour communiquer avec les responsables d'Érudit : erudit@umontreal.ca

Document téléchargé le 1 December 2010 05:01

La conscience de l'absurdité chez Camus
l'héritage d'un a u t r e e x i s t e n t i a l i s me Dans un entretien publié en 1945 dans Les nouvelles littéraires, Albert Camus souligne avec une vigoureuse insistance sa démarcation par rapport à la philosophie existentialiste telle qu'elle est incarnée par Jean-Paul Sartre : «Non, je ne suis pas existentialiste1». Les raisons de cette position sont doubles : d'une part, l'auteur de Y Étranger considère qu'il n'est pas philosophe, et en cesens, il ne croit pas suffisamment en la raison pour donner son assentiment à un quelconque système de pensée. D'autre part, l'existentialisme a pour effet de proposer soit une nouvelle divinité, soit une divination de l'histoire, solutions qui ne conviennent guère à une pensée qui cherche à déterminer entre ces deux horizons, une vérité qui soit supportable. «Je comprends bien l'intérêt de lasolution religieuse, précise Camus, et je perçois très particulièrement l'importance de l'histoire. Mais je ne crois ni à l'une ni à l'autre au sens absolu2». Face à une telle position, nous sommes donc obligés d'admettre que la réflexion sur le sens de l'existence diffère radicalement des thèses existentialistes, qu'elles soient portées sur Dieu ou bien athées. Toutefois, il est important d'apporterici une nuance. Malgré cette prise de position, il est difficile de situer l'écart revendiqué par Camus, surtout lorsqu'il écrit dans Le mythe de Sisyphe «l'individu ne peut rien et pourtant il peut tout3», formule qui s'inscrit dans cette morale d'action et d'engagement inhérente à l'existentialisme : «L'homme étant ce dépassement et ne saisissant les objets que par rapport à ce dépassement, est aucœur, au centre de ce dépassement4», suggère Sartre. Or, il ne s'agit pas pour Camus de refuser sa priorité à l'affirmation de l'existence mais bien plutôt de renoncer à un certain système de pensée sur l'existence. Dans son dernier entretien, Camus apporte une nuance d'importance par rapport à sa critique. Si les prémisses de l'existentialisme se trouvent, comme il le croit, chez Pascal,Kierkegaard, Nietzsche, ou Chestov, alors sa réflexion n'est qu'un héritage de l'existentialisme. Au contraire, si ces prémisses se situent dans la pensée de « nos existentialistes5», et notamment de Sartre, alors il existe une contradiction avec son propre mode de penser le monde. Par conséquent, il s'agit bien de déterminer en quel sens
Horizons philosophiques Printemps 2006 vol. 16 n° 2 1

AdelinoBraz

Camus se revendique d'un certain existentialisme, autre que celui de ses contemporains. En ce sens, la question essentielle de notre réflexion consiste à cerner les prémisses fondamentales d'une pensée sur l'existence qui ne se confond pas avec le discours existentialiste. L'enjeu de cette question est bien de marquer l'écart entre l'existence comme donnée et l'existence comme pensée. À...
tracking img