Le romantisme

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  • Publié le : 28 mars 2010
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La mélancolie romantique traduit un malaise de l'individu qui ne parvient pas à vivre dans la société. La sensibilité romantique se révolte contre un système politiquequi anéantit l'artiste en se consacrant à la gloire de la nation. C'est la révolte par dégoût, dégoût de l'avidité bourgeoise, de la société moderne, dégoût pour unprésent qui n'a plus de passé ni encore d'avenir, à la fois plein de semblants de ruines et d'espoirs incertains : « on ne sait, à chaque pas que l'on fait, si l'on marche surune semence ou sur un débris. » (Musset, Confessions).

Dans cette révolte, le romantisme se radicalise parfois en un individualisme hostile et négateur qui s'exprimepar des cris rageurs :

Malheur aux nouveau-nés !
Malheur au coin de la terre où germe la semence,
Où tombe la sueur de deux bras décharnés !
Maudits soient lesliens du sang et de la vie !
Maudite la famille et la société ! (Musset, Premières poésies)
Cette révolte conduit à une morale hédoniste, sentimentale, par laquellel'individu se replie sur les plaisirs du cœur. Elle devient la substance même de la vie, au point de ne pas laisser d'autre alternative que la révolte ou la mort. Cet espritde négation trouve son incarnation la plus expressive dans la figure de Satan (Hugo), le révolté suprême, et de Méphistophélès (Goethe) l'esprit qui toujours nie. Vautrin(Balzac) qui lance un défi à l'ordre établi se dit « méchant comme le diable ». La tentation de la chute, de la révolte absolue incarnée par Satan, fascine l'âmeromantique : réaction naturelle de la créature contre son créateur, contre cet « ogre appelé Dieu » (Petrus Borel), qui se voit parfois repoussé au profit de la prière (Hugo) :
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