Le rouge et le noir - stendhal

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  • Publié le : 3 janvier 2011
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Commentaire composé
                             Le Rouge et le Noir, Stendhal

En cinq ans, Julien, un provincial, du roman d’apprentissage de Stendhal, Le Rouge et le Noir, publié en 1830, a réussi à assouvir son désir de réussite sociale dans la société aristocratique Parisienne en devenant le lieutenant de hussards, en acquérant le nom de chevalier Julien de La Vernayeet en  conquérant Mlle. Mathilde de la Mole. Il se trouve au sommet de la gloire. Mais c’est au moment où  il voyait son ambition s’agrandir encore d’avantage  qu’il est informé par Mathilde que M. de la Mole a reçu une lettre de Mme. Rênal qui l’accuse sévèrement d’être un dangereux séducteur et qui aura pour conséquence l’annulation de tous ses projets : de réussite et de mariage. Nous sommesau chapitre 35 du livre II, au moment de la chute de Julien qui en achevant de lire la lettre, s’en va précipitamment, d’une manière inattendue à Verrières pour assassiner Mme de Rênal et ainsi se venger.
Il s’agira de montrer comment l’auteur a construit la chute brutale de Julien et quels sont les enjeux de cette dernière.
Nous verrons successivement :le héros se précipitant vers la défaite,  la chute inévitable qui arrive progressivement en enfin la défaite très rapide et énigmatique.

Tout d’abord, le principal sujet de l’extrait est l’héros qui se trouve sur le chemin de sa défaite. Il entre en action tout de suite après la lecture de la lettre fatidique de Mme. de Rênal adressée à M. de la Mole.  Le rythme de l’actionest alors très soutenu. On peut noter le vocabulaire du mouvement : « sauta » et « courut ». Il n’y a pas de temps pour la réflexion, il s’agit d’agir au plus vite. Julien, impulsif, ne donne aucune explication à Mathilde et est comme ensorcelé par une idée qui le met en mouvement et rien ne semble pouvoir le freiner.
Julien devient alors comme un soldat en mission. Iloublie tout autour de lui et en occurrence Mathilde qu’il laisse seule dans le fiacre : « Mathilde qu’il semblait avoir oubliée (…) ». Émanent de lui alors la détermination et la froideur semblables à celles du soldat qui part au combat affronter l’ennemi. Son état d’esprit coïncide avec l’énergie qu’il déploie. Le seul endroit où il peut élaborer sa stratégie, son plan, c’est à l’intérieur de lachaise de poste mais la « route rapide » et sûrement le bruit des chevaux ne sont pas enclins à une réflexion claire ce qui peut nous laisser penser qu’il avait déjà en tête le déroulement de sa mission avant de partir pour Verrières. L’endroit en lui-même est très évocateur : l’endroit où vivait Julien autrefois et surtout où habite encore Mme de Rênal. On peut alors imaginer qu’il souhaite se vengersans plus attendre.
Cependant, malgré sa froideur et  sa démarche du soldat déterminé qui ne peut pas faire la marche arrière, devant la vue de Mme de Rênal dans l’église, après son arrivé à Verrières, le fragilise et lui fait perdre tous ses moyens. Le souvenir du passé, le lien affectif l’empêche d’accomplir son « devoir » : « La vue de cette femme qui l’avait tantaimée fit trembler Julien (…) ». On peut noter que Julien ne dit pas « cette femme qu’il avait tant aimée ». Il y a une ambigüité dans ses pensées lors de ce moment. En effet, on ne sait pas si son impuissance à appuyer sur la détente : « Je ne le puis, se disait-il à lui-même ; physiquement je ne le puis. », vient de la colère du constat que cette femme « qui l’a tant aimé » a pu écrire une tellelettre ou du souvenir des moments vécus et de l’impossibilité de lui nuire. On ne sait pas si sa réaction physique, le tremblement, vient de la colère ou de l’amour qui n’est pas encore tout à fait éteint. Pour enfin arriver à accomplir « son dessein » et se venger il doit déshumaniser Mme de Rênal et il ne doit pas voir son visage et être pleinement conscient que c’est elle qu’il va tuer :...
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