Le royaume-uni dans les années 30

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  • Publié le : 23 novembre 2009
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Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande dans les années 1920

En 1921, le général Jan Smuts, Premier Ministre de l’Union Sud-Africaine, déclare lors d’une conférence impériale : « l’Empire britannique est assurément sorti de la guerre comme la plus grande puissance du monde ; seule une politique imprudente et malsaine pourrait lui enlever cette haute position ». Il est vrai que sur leplan des traités internationaux, il serait possible d’établir que l’Angleterre fut le grand vainqueur de la Première guerre Mondiale, certains ont même parlé de « pax britannica ». Ainsi, la Grande-Bretagne obtient 25% des réparations allemandes alors que son territoire n’a presque pas été touché, la Palestine et la Mésopotamie sont placées sous son mandat, ainsi que la Transjordanie qui estconstituée en Etat Arabe sous contrôle anglais, elle confirme de la sorte sa position prépondérante au Moyen-Orient (déjà en 1914 elle y avait acquis des intérêts pétroliers considérables : Anglo-Persian contrôlée par l’Amirauté, Turkish Petroleum sous le contrôle de groupes britanniques).Elle obtient par ailleurs l’admission des Dominions à la SDN, bien qu’ils ne soient pas souverains, ce qui luigarantit un poids important en politique internationale. Ses objectifs d’avant-guerre sont à peu près remplis, sa situation dominante au Moyen-Orient étant assurée, l’avancée économique allemande étant arrêtée, l’armée allemande ne menaçant plus la sienne, son influence garantie par la présence des dominions à la SDN.
Cependant, nous ne sommes plus en 1815 et les vainqueurs économiques de laguerre sont les Etats-Unis et le Japon. C’est une Grande-Bretagne appauvrie devant laquelle se ferment bon nombre de marchés mondiaux, qui doit essayer de rétablir sa situation et de se maintenir à un rang de grande puissance mondiale.
Alors qu’elle semble sortir grandie de la guerre, comment la Grande-Bretagne va-t-elle réussir à adapter ses vieilles structures à un monde en perpétuelleévolution et à dépasser la crise économique, sociale et politique qui la saisit dès les débuts des années 1920 ?
Pour répondre à cette question, il s’agit de l’envisager selon trois points de vue pouvant se recouper par endroits : le déclin économique et les transformations qu’il a imposées au pays, les troubles sociaux et leurs résolutions souvent peu satisfaisantes, et enfin les difficultéspolitiques du gouvernement anglais notamment en ce qui concerne l’ancienne « question de l’Irlande ».

I. Le déclin économique de l’après-guerre

Dans La crise britannique au XXème siècle, livre paru en 1931, André Siegfried compare l’Angleterre à une maison vénérable, solide et bien bâtie, mais dont on n'a pas, depuis des années, révisé la structure et le mobilier. L’Angleterre apparaîtdonc comme une puissance ancienne qui refuse de se moderniser sur le plan économique et va donc subir de plein fouet les « conséquences économiques de la paix » selon l’expression utilisée par Keynes. Les vieilles entreprises du pays s’épuisent, leurs équipements s’avèrent être désuets, la vieille Livre Sterling peine à suivre le train des autres monnaies puissantes.
A) Levieillissement des structures du pays et les solutions apportées au problème

Après une courte période d’expansion économique en 1919-1920, due à l’augmentation des demandes d’une population marquée par les privations de la guerre, la situation se dégrade rapidement, sur plusieurs points. Tout d’abord en ce qui concerne l’agriculture : L’abandon de la politique de soutien public aux producteursagricoles pousse la Grande-Bretagne à retourner à ses tendances d’avant-guerre (elle préfère importer ses produits alimentaires à un meilleurs prix).
Les grandes industries du Nord qui ont fait la prospérité de l’Angleterre ont un outillage vétuste et perdent des marchés ; la production manufacturière ne retrouve pas en 1929 son niveau d’avant-guerre, on peut prendre l’exemple du charbon...