Le sacre royal sous les carolingiens

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1745 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 décembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
LE SACRE ROYAL SOUS LES CAROLIGIENS

Introduction :
Le sacre a été l’un des éléments fondateurs du pouvoir royal de droit divin introduit par les Pippinides.
Tout d’abord appelés Pippinides, car descendant de Pépin de Landen (580-640), ils sont une des familles franques les plus riches et accaparent, sous les mérovingiens, le poste de maire du palais, grâce auquel ils contrôlent la politiquedes derniers mérovingiens. Avant Pépin le bref il eu plusieurs successions a Pépin de Landen au poste de maire du palais (Pépin de Herstel puis Charles Martel). Mais c’est avec Pépin le Bref que les Pippinides se font reconnaître rois des Francs avec le soutient du Pape. Par différence avec les mérovingiens, les rois carolingiens accèdent au pouvoir grâce à la cérémonie religieuse du sacre aucour de laquelle le roi reçoit l’onction. Jusqu’au début du XII° siècle le sacre est essentiel pour assurer la transmission héréditaire de la couronne. Justement, en quoi consiste le sacre sous les carolingiens ?
Nous verrons tout d’abord les origines du sacre et son déroulement ; puis nous nous intéresserons au sacre comme symbole du droit divin et à l’association entre Eglise et Etat.

I . Lesacre: origines et déroulement

A. Origine du rituel sacral.
Tout d’abord, pourquoi la ville de Reims. Une des causes de ce choix est due au fait que cette ville était celle du baptême du premier roi Franc Clovis ( qui est communément daté de 496 ). Ce baptême est mis en avant par Hincmar, l’archevêque de Reims de 845 à 882 qui écrit « une vie de Saint Remi » ou Vita Remigii , l’évêque quibaptisa Clovis. Le lieu du sacre n’était pas immuable à cette époque, il dépendait de la conjoncture politique et plus encore de la résidence royale (Reims, Compiègne, Laon, Soissons ou Orléans) ; en fait, le prélat consécrateur était celui qui avait la juridiction métropolitaine sur la ville retenue. Seul trois rois de cette dynastie n’ont pas été sacré à Reims. Hincmar s’employèrent à réactiverla mémoire de Clovis et de Rémi : le choix de Dieu s’était jadis manifesté par le baptême de Clovis, dont les rois portaient désormais le nom (Louis le Pieux, Louis le Germanique, Louis d’Italie, Louis le Bègue...). En effet, le nom de Louis est dérivé de Clovis. À partir d’Hincmar, les titulaires du siège de Reims s’acharnèrent à se faire reconnaître ce privilège. Ils le firent d’abord enresserrant le plus étroitement possible les liens entre Rémi et Clovis. Hincmar, s’attarde sur les bienfaits qu’échangent le roi et le prélat. D’un côté, Remi garantit et rend possibles les victoires de Clovis sur les Burgondes, puis sur les Wisigoths : avant chaque expédition, il donne au roi sa bénédiction, et lui remet un flacon de vin bénit, en lui recommandant de combattre jusqu’à ce qu’elle soitvide.

B. Le déroulement du sacre.

Le rituel du sacre, connu par les livres liturgiques, s’est progressivement enrichi. À ses débuts, la cérémonie ne comprenait guère qu’une onction (geste liturgique consistant en une application d'huile bénite sur le front du roi ). Avec le sacre de Charles le Chauve ( petit fils de Charlemagne ) à Metz est apparu le serment en faveur de l’Église.
Le sacreavait lieu, sauf très rare exception, un dimanche ou un jour de fête (Ascension, Assomption, Toussaint). La cérémonie commençait en fait la veille au soir par une veillée de prière (ou vigile ) inspirée des pratiques chevaleresques pour se préparer à son ministère, se pénétrer de ses devoirs et demander le pardon de ses fautes. À la pointe du jour, alors que les chanoines s’étaient déjàinstallés dans le chœur pour chanter, le roi se levait et se rendait processionnellement à la cathédrale.
L’archevêque, attendait le roi devant l’autel, lui désignait son fauteuil au milieu du sanctuaire. L’onction, c’était bien là l’essentiel du rite et, pour l’accomplir, il manquait encore la sainte Ampoule. Pour accueillir ce don du ciel, l’archevêque se dérangeait, ce qu’il n’avait pas fait pour le...
tracking img