Le sang dans l'espoir de malraux

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  • Publié le : 10 juin 2010
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Dans l’Espoir, Malraux relate les débuts de la guerre d’Espagne. Il évoque les combats et ne peur donc négliger l’omniprésence du sang. Il en fait même un thème primordial, notamment en intitulant un chapitre « sang de gauche ». Or le sang à plusieurs valeurs dans l’espoir, concrètes ou morales, d’où toute l’importance de quoi nous accorderons. Il s’agit de voir dans un premier temps en quoi,matériellement, le sang se fait témoin de la guerre, puis de s’attarder sur le rôle du sang en tant qu’élément visuel structurant dans le roman, pour enfin en arriver à l’étude du sang perçu comme un symbole de fraternité par les acteurs de l’espoir.

Le thème du sang dans l’espoir revoit en grande partie à son aspect concret, le sans en tant qu’élément organique. Il agit alors comme un témoin de laviolence de la guerre : l’apparition du sang se fait souvent de manière brutale et marquante, lorsque l’auteur tient à mettre l’accent sur des épisodes particulièrement poignants du récit. Ainsi on voit le sang successivement couler, jaillir, éclabousser, ruisseler sur les vivants comme sur les morts : verbes qui rendent le sang actif, comme s’il prenait lui même part à la guerre. A ces verbess’ajoute la multiplication des emplois des substantifs sang et de termes à sens équivalent : tâches ensanglantés ; tout ce qui plongent en permanence le lecteur dans un univers sanglant, l’empêchant d’échapper à la réalité de la guerre et des blessures physiques.
D’autres part le sang est aussi un moyen de dénoncer l’animalisation de l’homme par la guerre. En effet, plusieurs allusions y sont faitespuisque les trainées de sang laissées par les blessés le long des trottoirs ou des murs sont comparées aux traces des animaux blessées à la chasse. Ainsi par l’intermédiaire du sang, la guerre est associée à une chasse humaine dans le feu de l’action et dans la douleur.

Cependant le sang en tant que matière ne sert pas qu’a désigné les blessures de guerres, il les illustre aussi et participe àla description de l’horreur de la guerre et en dressent des tableaux éloquents.
Dans ce sens, on observe de nombreux passages comparables a la description de décors de cinéma, où le sang est mis en valeur en tant qu’outil visuel sans tenir compte du sentiment d’effroi qu’il dégage habituellement. Ainsi, page 33, le sang est évoqué sur un ton purement objectif, « il faisait beau sur les corpsallongés et sur le sang » et neutre, le sang étant devenu un élément à part entière du paysage et ce, à maintes reprises dans le roman.
De plus, le sang est au centre de divers jeux de contrastes et de lumières. Il rend ainsi les passages descriptifs particulièrement vivants et réalistes tout en leur conférant une apparence tragique. On relève notamment l’association du blanc et du rouge sang àplusieurs reprises : lorsque Puig et Ximénès discutent et voient passer des civières tâchées de sang sur lesquelles des marchandes avaient jeté des fleurs blanches à la page 44par exemple ou encore à l’évocation d’empruntes de semelles ensanglantées sur le dallage blanc page 49. Le rouge du sang devient d’autant plus choquant qu’il est mis en parallèle avec le blanc, couleur de la pureté.
Cettesurexposition du sang est accentuée par les jeux de lumières qui lui donnent une intensité tout en participant à la mise en scène quasi cinématographique de L’Espoir. En effet l’image du liquide carmin est plus frappante, il « étincelle au soleil ». Aussi les procédés de représentation visuelle du sagn tendent à s’attacher à la mise en scène délibérément réaliste et qui montre l’horreur de la guerretoute en la sublimant. 

Le sang prend enfin une valeur quasiment morale dans l’Espoir. Les relations entre les miliciens, anarchistes et communistes sont telle qu’ils se sentent « frères de sang ». La dimension symbolique atteint son apogée dans cette fraternité retrouvée dans cette lutte difficile qu’est la guerre contre le fascisme. Aussi qu’importe que l’on soit anarchistes, socialistes,...
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