Le secret de plaire ne consiste pas toujours en l’ajustement, ni même en la régularité : il faut du piquant et de l’agréable sil l’on veut toucher

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1202 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 juin 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Dissertation
Le Classicisme, apparus dans la seconde moitié du XVIIème siècle, et s’opposant au mouvement du romantisme, est un courant qui, au niveau littéraire, adopte un style basé sur la raison, l’équilibre et le naturel. La Fontaine, dans sa préface des Contes en 1669, démontre son appartenance à ce courant, en y précisant cependant sa vision particulière et son propre but dans cettecitation.
La citation est la suivante « Le secret de plaire ne consiste pas toujours en l’ajustement, ni même en la régularité : il faut du piquant et de l’agréable sil l’on veut toucher »
Ainsi nous nous demandons de quelle manière La Fontaine considère la littérature, et s’il en est de même pour tous les auteurs ? C’est à dire que nous nous interrogeons sur le but de l’écrivain, à quelle finutilise-t-il sa plume et son art, et est-ce que chaque auteur, recherche la même chose.
Nous traiterons tout d’abord de la littérature selon La Fontaine, puis nous généraliserons aux autres auteurs.

Cette citation repose fondamentalement sur la signification différente de chaque terme, il ne faut donc pas prendre un mot, un sens, pour un autre. Ainsi serai-t-il opportun de poser une définition et unseul sens sur chaque mot, à savoir « plaire » « ajustement » « régularité » « piquant » « toucher ».

L’utilisation du mot « plaire » désigne un volonté d’être agréable au lecteur dans son écriture (celle-ci concerne tous les genres), et ainsi vient confirmer et raffermir la position de l’auteur qui prône une écriture « agréable » par la suite. L’« ajustement » a pour synonymes« accommodement », « adaptation », « conciliation », ce qui explique que ce n’est pas parce que l’auteur exprime des idées que le lecteur approuve, ou parce que son écriture sied parfaitement au lecteur, que son œuvre paraîtra pour autant (aux yeux de ce même lecteur) plaisante. Le Guide du voyageur galactique(1979), de Adams Douglas a beau être surprenant et étranger aux idéaux du lecteur, ce livre est très plaisant.De la même manière à travers les Lettres Persanes(1721), Montesquieu critique les us et coutumes européennes, ce qui n’empêche pas le lecteur d’apprécier l’œuvre. « La régularité » concerne ici autant la forme, par exemple la régularité d’un sonnet en poésie, que le fond, si les faits narrés ne comportent aucune suite logique ou des rebondissements inopportuns (nous pourrions réciter l’œuvre deDouglas à ce titre). La Fontaine, à travers ces deux termes, s’éloigne et marque une volonté d’indépendance face aux règles classiques : il s’inscrit dans le Classicisme.

A partir de là, l’écrivain est libre de redéfinir à sa guise sa vision de l’écriture littéraire. Il réclame tout d’abords du « piquant », synonyme de « intéressant », signifiant « qui fait une impression morale comparable à unepiqûre », autrement dit qui éveille l'intérêt et la curiosité du lecteur. La revendication de « l’agréable », précédemment évoqué, vient en accord avec le « secret du plaisir ». Cependant, l’utilisation du dernier terme, n’est pas anodine, car alors que La Fontaine définissait le « plaisir », il évoque en dernier le « touchant ». Or ce qui « touche » attendrit. Il est question ici des sentimentsmême du lecteur, que l’écrivain souhaite atteindre, et d’attendrissement. On est donc bien loin de la volonté de simplement plaire, et en quelque sorte, nous sommes un cran au dessus. Ainsi, La Fontaine estime que le Classicisme tente de plaire en touchant, par opposition à la littérature classique qui, ne souhaitant que plaire, prend le risque de ne pas plaire. Par conséquent le « piquant » et« l’agréable » est une manière plus sûr de plaire, en touchant.
Par le biais de cette citation, dans la préface des Contes, La Fontaine expose sa vision de la littérature et donc son but : il souhaite toucher le lecteur grâce à ses contes poétiques. Cependant, ce que cette citation ne permet pas de constater, c’est que La Fontaine veut également instruire (on le remarque à travers les morales...
tracking img