Le serment d'hippocrate

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  • Publié le : 9 mai 2010
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LE SERMENT D’HIPPOCRATE : SES ORIGINES, SON EMPLOI ACTUELLEMENT.

I POURQUOI LE SERMENT D’HIPPOCRATE ?

Souvent on surnomme Hippocrate « Père de la médecine ». Il n’a pas inventé la médecine, c’est une science pratiquée depuis la nuit des temps. Seulement Hippocrate l’a codifiée. Dans la Grèce ancienne, le métier de médecin n'était pas réglementé par des titres donnant accès à la profession.Tout un chacun était libre de monter une officine. Bien loin de l'image du pharmacien, il existait aussi, à l'époque, ce qu'Aristote appelle les "pharmacopoles", les vendeurs de médicaments, dérivé du grec "pharmakon" qui veut dire à la fois "remède" et "poison", et qui tenaient plus du bonimenteur de foire que du pharmacien. Le serment d’Hippocrate procédait du souci de neutraliser les nombreuxcharlatans qui se faisaient passer pour des médecins. Les habitants avaient ainsi l'assurance de pouvoir compter sur au moins un médecin compétent. Le procédé le plus spectaculaire, pratiqué par les « médecins » contemporains d’Hippocrate, était celui qui consistait à redresser des déviations de la colonne vertébrale en attachant le malade, la tête en bas, à une échelle que l'on laissait ensuitetomber dans le vide à la perpendiculaire, au moyen d'un système de poulies, la secousse étant censée corriger l'anomalie. Cela se pratiquait à l'air libre, du haut d'un toit ou d'une tour, et n'était évidemment pas sans danger pour le patient. Les médecins qui usaient de ces techniques étaient condamnés par le Corpus hippocratique, car leur seul souci ce faisant, était de se mettre en scène et nonde servir l'intérêt du malade.

II Quelques précisions sur le serment

Selon certains historiens, le " serment d'Hippocrate " était très probablement, non pas l'expression d'une morale universelle de la profession médicale, mais un véritable serment, prononcé par certains médecins seulement, appartenant à un petit groupe. Les médecins qui prêtaient le serment d’Hippocrate n’étaient nullementen accord avec leurs camarades de la même profession. Au contraire, ils adhéraient à un dogme qui était bien plus stricte que ceux de ses collègues. Les interprétations de ce texte sont multiples : on pense qu’il est soit l'expression d'une déontologie (éthique, morale) médicale élaborée ou soit une réaction un peu rigide d'un groupe plus ou moins sectaire, multipliant les interdits pour mieuxparaître au-dessus de tout soupçon dans un environnement hostile .
Il n'a probablement pas été rédigé par Hippocrate lui-même (au moins sous la forme qui nous est parvenue) ! Des études récentes situent ce serment dans les milieux pythagoriciens. En effet, plusieurs éléments sont en contradiction avec les principes hippocratiques : cette déduction repose sur la sévérité du rejet du suicide dansle serment alors que dans l'antiquité, il n’était pas censuré. Le meurtre de soi comme réponse à une maladie pénible et incurable était vue comme justifiée, et certains états officialisaient et légalisaient cette pratique. Les religions anciennes ne proscrivaient pas le suicide non plus, elles ne menaçaient pas d’une punition éternelle pour ceux qui mettaient fin à leur vie, comme le christianisme.La loi et la religion laissaient les individus libres de décider de ce que leur conscience leur permettait. Le pythagorisme est le seul dogme qui prônait l’attitude du serment.
Suivant le Corpus hippocratique, l'avortement n'était pas punissable non plus dans l'antiquité, il était une réalité quotidienne et était pratiqué par des sages-femmes auxquelles les médecins venaient en aide dans lescas difficiles. Les textes sur la médecine d’Hippocrate font de nombreuses fois allusion aux méthodes d’avortement, et l’usage de pessaires abortifs. Et l’interdiction de ce serment ne fait pas non plus écho à l’opinion publique. Il était courant en Grèce, dans l’antiquité grecque et romaine, on le pratiquait sans scrupules. Dans un monde où la mortalité infantile était grande on ne voyait pas...
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