Le serment

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  • Publié le : 21 avril 2011
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Vénérable maître et vous tous mes sœurs et mes frères en vos grades et qualités, après quelques années de silence ou plutôt d’absence j’ai souhaité reprendre le chemin de la loge pour y être des vôtres et de partager ce qui est le fondement de notre recherche maçonnique…cette quête initiatique qui est le voyage de l’esprit et du cœur et non un périple intellectuel parmi d’autres.Pourtant cette quête ne peut se faire sans volonté…cette volonté qui est un feu intérieur qui rend d’abord possible la découverte de la porte du temple et ensuite transforme le désir d’initiation en initiation réelle. Vouloir n’est pas inné, la volonté d’initiation se développe et s’amplifie tout au long de la quête, les obstacles la nourrissent. Un être sans volonté s’arrête, un être à volontéfaible s’essouffle. Un être à la volonté vraie et droite, même s’il connaît le découragement et le doute, ne renonce jamais.

C’est parce que je n’ai jamais renoncé que je suis ici, c’est parce que je n’ai jamais renoncé que j’ai voulu travailler sur la parole donnée dès le début de mon initiation, sur le SERMENT.

Dans le monde profane, il y a beaucoup de lois écrites, tellement de lois que lesprofessionnels les apprennent..pour les contourner. Voilà bien longtemps que la parole donnée n’a plus guère de sens.

Il n’en est pas de même dans l’univers initiatique. Le serment est l’acte essentiel par lequel un être lie sa vie à celle de l’initiation. Donner sa parole est un don suprême et total. Une parole donnée ne se reprend pas.
Bien entendu un serment donné ne se formule pas à lalégère.
Il faut savoir exactement à quoi l’on s’engage : le serment est donné et non prêté, du fonds du cœur, du fonds de sa conscience.

1. L’histoire du mot serment est porteuse de sens :

C’est ce qu’on appelle un doublet linguistique du mot « sacrement » et tous deux sont issus du latin « sacramentum ».
Le « sacramentum » était d’abord, chez les romains, un enjeu, un gage que les deuxplaideurs, dans un procès, devaient remettre entre les mains du prêtre. Celui qui perdait son procès perdait son gage ! Par un glissement de sens, le mot a ensuite désigné le serment militaire prêté par un soldat au général et, de manière plu large, liant les soldats entre eux. Ce n’est plus une somme d’argent qu’on met en gage mais sa propre vie ; et non plus devant un prêtre mais devant un groupe, unordre. Mais c’est toujours sous l’égide d’une divinité.
Le doublet linguistique « sacrement » s’est spécialisé dans le vocabulaire chrétien et a très peu évolué phonétiquement. Au contraire le mot « serment » a migré dans toutes les couches de la société, s’est prononcé dans tous les jargons, a même su dégénérer comme le « serment d’ivrogne ». Bien éloigné de sa forme originelle le mot s’est uséphonétiquement et…galvaudé symboliquement. ( « je le jure » dit l’enfant qui ne veut pas admettre sa faute.. « je le jure » dira le prévenu qui ne veut pas reconnaitre qu’il est coupable… »je jure de t’aimer toute ma vie » dira l’amant infidèle …).
Etymologiquement le verbe « jurer » signifie « prononcer la formule rituelle et religieuse ». Il n’y a donc pas de serment, de « jurement » commedisait l’ancien français qui ne fasse pas appel à la divinité à Rome. Celle-ci se nomme « fides » et veut dire « confiance », « fidélité » et « parole donnée ».
Le premier serment fondateur judéo chrétien a été prononcé par Dieu lui même devant Abraham (Gen 22/16) « je jure par moi-même, parole de Yahvé ». Ce serment de Dieu scelle l’alliance avec Abraham juste après le sacrifice d’Isaac. Etd’ailleurs Moïse le rappellera à Yahvé alors que celui ci menace de détruire le peuple hébreu qui s’est livré à l’adoration du veau d’or : « souviens toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël à qui tu as promis en jurant par toi même »…en bref, on pourrait dire que Dieu, sans l’intervention de Moïse, a bien fallu être parjure !!

En hébreu et en grec ancien, on ne dit pas comme en français « prêter un...
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