Le social-business

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1336 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 12 juin 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Le social-business

Muhammad Yunus, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2006, est surtout connu pour le développement du microcrédit au Bangladesh. Pourtant, il a aussi théorisé un nouveau modèle d’entreprise, appelé « social-business ». Ce dernier n’aurait pas pour objectif la maximisation de la richesse du ou des propriétaires, il œuvrerait pour une amélioration des conditions de vie ense finançant par des emprunts à taux zéro.
Le « social-business » serait le chaînon manquant entre l’entreprise capitaliste et l’organisation à but non lucratif. L’entreprise se finance en empruntant sans taux d’intérêt réel, il n’y a pas de rémunération du capital. Les profits éventuels sont intégralement réinvestis au service de la mission poursuivie. La priorité du social-business est demener à bien sa mission sans avoir recours à de quelconques donateurs. Pour justifier ces emprunts à taux zéro, l’entreprise doit suivre les sept principes du social business énoncés par Yunus :
* « La réduction de la pauvreté, ou la création d’un bienfait social » (comme l’éducation, la santé, l’accès à la technologie, et l’environnement) ;
* « La rentabilité économique et financière » ;* « L’absence d’intérêt payé aux investisseurs » ;
* « Tout le profit doit être réinvesti au sein de l’entreprise » ;
* « Le « social-business » doit être durable écologiquement » ;
* « Les travailleurs doivent être rémunérés convenablement » ;
* Tout doit être fait « dans l’allégresse ».
Le social-business est donc une sorte d’entreprise œuvrant pour une amélioration desconditions de vie sociales, qui ne se repose pas sur des dons, mais sur sa capacité à créer une activité économique rentable. En effet, si elle est incapable de rembourser ses investisseurs, elle fait faillite, et disparaît. Le social-business permet ainsi d’échapper à la pression des marchés financiers qui peut s’avérer mortelle pour des petites activités naissantes. Yunus voit ces entreprisescomme une arme à double tranchant dans la lutte contre la pauvreté : la première lame réduirait la pauvreté en stimulant l’activité économique générée par le social-business, et la deuxième le ferait par la production de biens et services sociaux.
Deux arguments principaux sont souvent énoncés pour remettre en cause la démarche du social-business. Le premier fait remarquer qu’une des choses qui apermis le développement du monde occidental est la concurrence qui règne entre ses entreprises, l’absence de concurrence empêcherait un système reposant sur le social-business d’avoir un fonctionnement optimal. La concurrence à laquelle il est fait référence se fait par le marché des capitaux : plus une entreprise est rentable, plus elle peut distribuer de dividendes, plus elle a d’investisseurs ;les entreprises les moins rentables sont incapables de rémunérer leurs investisseurs suffisamment et donc voient les capitaux les fuir, et doivent fermer. Il s’opère ainsi une sélection des plus efficaces permettant d’optimiser la création de richesses. Il faut cependant noter que toute concurrence ne disparaît pas avec le social business. Le plus efficace aidera mieux les populations visées, aurades prix plus bas, et rendra les moins efficaces incapables d’être rentables, car sans clients. La sélection se fera par le marché des consommateurs. L’impératif devient celui de satisfaire les clients (démunis dans ce cas précis), et non plus les investisseurs. Se pose alors la question des moyens à utiliser pour attirer les clients. En effet, on pourrait imaginer un social business survivant enproposant des services sociaux très peu coûteux, mais sans respecter aucune norme environnementale. Pour guider les investisseurs, il faudrait alors imaginer des agences de notation visant à évaluer le respect des sept principes énoncés par Yunus. Nous pourrions penser que cette agence de vérification soit financée par une cotisation des social-business prélevée sur leurs profits.
De...
tracking img