Le soleil des scorta - analyse de trois thèmes

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  • Publié le : 2 avril 2011
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La vision du travail est différente à chacun. Beaucoup percevant toute forme d’effort tel que simplement éreintante et négative ne trouveront leur contentement que dans l’accomplissement final, que dans le regard qu’ils porteront à ce qu’ils ont accompli, au jugement final de leur besogne enfin terminé. Alors que certains auront vu un plaisir dans tout au long de l’accomplissement, un défi àrelever. Dans ce roman de Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta, nous explorons ce deuxième point de vue. Nous portons un regard, sous la vision d’une Italie hautement conservatrice, sur comment cette satisfaction peut être trouvé par l’effort qu’on donne à une tâche, sur comment on peut s’abandonner à réaliser quelque chose, peu importe les conditions données. J’aborderais donc cette analyse avec unordre logique entre les thèmes : le destin des Scorta à vivre une lutte sans fin, à devoir sans cesse se battre pour perdurer, pour ensuite voir , dans un autre thème, que ce don de soi, cette rage de survivre, sera pour chacun des Scorta leur seul instant de plénitude, que cette labeur est le seul les nourrit. Et pour dernier thème, comment chacun des Scorta viendra à sa mort à comprendre cesens, celui de leur existence, et à pouvoir transmettre à chaque descendant ce qu’il a pu apprendre de cette dite malédiction qui garde leur répit inatteignable.

Les Scorta sont voués à un labeur sans fin, à une lutte acharnée pour leur salut. Telles les racines qui engendreront la lignée, il n’y aura de place pour la fainéantise. La richesse étant dépeinte comme la seule chose respectée en cettesociété, chacun des Scorta devra surpasser le jugement des autres pour mener une vie axée sur une quête, un désir, une rage d’un vouloir qui ne peut être arrêté : «Rien ne rassasie les Scorta1». Les exemples se succèdent, que ce soit du
1. Laurent GAUDÉ, Le soleil des Scorta, Paris, J’ai lu, 2004, p.248
fondement de la lignée jusqu’aux derniers représentants de celle-ci : le désir de LucianoMascalzone pour une femme, la sueur versée pour le bureau de tabac, la passion de Domenico pour ses oliviers, celle de Donato pour sa barque, l’amour insensé de Elia pour Maria, voilà qui dépeint ce besoin sauvage des Scorta de vivre à nouveau malgré la malédiction qu’on leur attribue. Condamnés, à la pauvreté et au mépris, le sort des Scorta sera pour chacun de transgresser ce sort, de bâtirune vie honorable d’un rien. Ils vivront et naitront sous le même soleil, pesant et dur, sous la même terre aride :
ELIA - Les générations se succèdent don Salvatore. Et quel sens cela a-t-il au bout du compte? Est-ce qu’à la fin nous arrivons à quelque chose? Regardez ma famille. Les Scorta. Chacun s’est battu à sa manière, a réussi à se surpasser. Pour arriver à quoi? À moi? Suis-je vraimentmeilleur que le furent mes oncles? Non. Alors à quoi ont servi leurs efforts? À rien. Don Salvatore. À rien. C’est à pleurer de se dire cela.
DON SALVATORE-Oui répondit don Salvatore, les générations se succèdent. Il faut juste faire de son mieux, puis passer le relais et laisser sa place2.
Cette citation d’Elia, un des derniers descendants du clan, explique clairement le sens decette malédiction d’où chacun devra se démener, d’où aucun ne sera épargné du travail. C’est ce travail d’ailleurs qui, point commun de chaque Scorta, sera leur seul et unique contentement.

Leur réel bonheur leur vient de la sueur versée à leur quête personnelle, à chacune des minutes mises à travailler à leur besogne. Car si rien ne peut les rassasier définitivement certes, une seule chose arriveà les sustenter tout le long de leur existence : la passion qu’ils mettent à leur travail. La découverte qu’ils feront tous sera celle-ci : il n’y a que la sueur qui permet de ressentir qu’on est à sa place, qui donne une valeur à notre existence. Chacun a eu, à tour de rôle, à être ou se faire déposséder entièrement pour pouvoir jouir de repartir à neuf. Que ce soit
2. Laurent GAUDÉ, Le...
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