Le sommeil de la raison engendre des monstres

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  • Publié le : 21 mars 2011
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L’homme est par nature un ’être de raison’ : C’est son caractère ’raisonnable’ qui le distingue de l’animal. Car la raison, cela signifie et implique capacité de réflexion, d’analyse, le langage, c’est-à-dire, plus généralement, les attributs de l’homme que le simple animal ne possède pas. C’est aussi cette raison qui permet à l’homme sa vie en société, le respect d’autrui et la possibilité de lereconnaître comme son équivalent, un sujet conscient qui doit être traité en tant que tel. Mais chaque jour l’actualité montre la recrudescence de phénomènes pour ainsi dire inhumains : La pédophilie, des psychopathes découpant leurs victimes en morceaux... ’des monstres’ entend-on dire pour distinguer ces hommes. Donc, dans le sens où cette monstruosité n’est pas humaine à proprement parler (l’homme étant entre autres caractérisée par le respect d’autrui, son semblable ), peut-on dire qu’elle est due à une sorte d’endormissement de la raison, une disparition de l’essence même de l’homme ? Autrement dit le sommeil de la raison engendre-t-il des monstres ?

Dans un sens on peut dire que l’absence de la raison ( ’ le sommeil de la raison’ ) fait tomber l’homme dans l’inconscient : laconscience, en l’absence de la raison qui donne en partie à l’homme son statut de sujet conscient, ’n’est plus’, ou plutôt ne fait plus office de juge ou censeur chargé de refouler les éléments les plus profonds de l’inconscient qui tentent de ressurgir. L’homme est alors en proie à ces pulsions ( manifestation de son animalité toujours présente ), à ses désirs les moins réalisables ( et respectables )dans la société, qui ont donc été constamment refoulés par la dimension morale de sa conscience, et enfin à ses passions. Tout cela n’est pas très rationnel, et, en ce sens, l’homme ne peut être contrôlé ni par lui-même, ni par les autres, sauf par la force qui ne remettra cependant pas la conscience de nouveau maîtresse de l’être en question : l’homme tombe en l’absence de la raison dans une ’jungle sans foi ni loi ’, un espace psychologique où les repères de la société n’existent plus. En ce sens, l’homme doué de raison, de conscience, n’a plus sa place dans l’ordre social et le trouble même. Pour l’opinion commune, il est désormais un monstre, car il est vrai qu’il ne se contrôle plus et que c’est désormais son humanité qui est refoulée au profit de la satisfaction totale et immédiatede ses pulsions. On peut cependant nuancer cette appréciation : Il s’agit de bien distinguer folie et animalité, car l’une et bel et bien ’ sans foi ni loi ’ alors que l’autre est tout de même soumise aux lois de la nature. Assimiler de suite un homme dénué de raison, de conscience et donc se rapprochant d’un animal, à un monstre, c’est considérer l’animal comme un monstre. Or on ne peut allertotalement dans le sens de cette thèse : l’animal n’est pas un monstre, c’est lorsqu’il est enragé par exemple qu’il le devient. Ainsi la notion de monstre devient elle relative à la société. L’homme ’ inconscient ’ ( dans le sens où il n’a plus la faculté de sa raison ) est un monstre social s’il reste dans le cadre d’un comportement animal car, dès lors, il est dirigé par des lois qui ne sont pluscelles de la société (dans laquelle il ne vit plus) : les lois de la nature. Dans cette perspective, on ne peut traiter cet homme qui n’est plus conscient, de monstre. Au contraire, l’homme en proie à la folie n’est plus dirigé par aucune loi, ni de la société, ni de la nature. Il s’oppose alors au monde tant culturel que naturel car ceci n’est pas du à une perte de la raison comme le langagepourrait le suggérer (’ il a perdu la raison ’ ) mais à une sorte de dérèglement intérieur vis-à-vis tant de sa conscience que vis-à-vis de son inconscient. Dans ce cas, on peut parler de monstre, mais comme nous venons de le voir, ceci n’est pas du au simple ’ sommeil de la raison ’. On ne peut donc pas affirmer que ’ sommeil de la raison ’ engendre des monstres : En un sens le ’ sommeil de la...
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