Le spleen de paris

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  • Publié le : 13 mai 2010
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Commentaire composé : Baudelaire : Le Spleen de Paris : Le crépuscule du soir
Commentaire :

Dans le Spleen de Paris, Baudelaire expérimente un genre nouveau, inauguré peu auparavant par Aloysius Bertrand: «C’est en feuilletant pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la nuit, d’Aloysius Bertrand [...] que l’idée m’est venue de tenter quelque chose d’analogue, et d’appliquer à ladescription de la vie moderne, ou plutôt d’une vie moderne et plus abstraite, le procédé qu’il avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque» («À Arsène Houssaye», dédicace du recueil). Les poèmes en prose de Baudelaire, différents dans leur inspiration et leur facture de ceux de son devancier, imposent le genre, lequel deviendra particulièrement florissant dans lesdernières décennies du XIXe siècle et au début du siècle suivant.
Le poème qui nous occupe ici s’intitule « Crépuscule du Soir », doublet du poème éponyme des Fleurs du Mal. De fait, plusieurs poèmes du Spleen de Paris reprennent le titre et la trame narrative de certains poèmes des Fleurs du Mal, comme « La Chevelure » ou « L’Invitation au voyage ». Dans « Crépuscule du Soir », le poète évoque lepouvoir de la nuit sur sa personne et sur son activité poétique, en prenant au passage l’exemple de deux de ses « amis ». Il s’agira de voir comment le poète traite le motif de la nuit, et quels ressorts il en retire dans ce nouveau genre qu’il inaugure : le poème en prose.
Nous verrons dans une première partie le traitement du motif de la nuit ; puis, dans une seconde partie, la perturbationromantique ; enfin, dans une troisième partie, le poème en prose comme espace de la nuit.
I Le traitement du motif de la nuit
A/ Isotopie du soir
le terme « soir » : celui-ci revient à de multiples reprises et constitue une architecture fondamentale du poème. On trouve six occurrences du terme « soir » dans le poème, toutes situées dans la première partie de celui-ci. Le « soir » constitue enquelque sorte une manifestation physique de ce moment qu’évoque le Poète, et de fait par la suite, les termes « crépuscule », « ténèbres »… sont bien plus employés, termes évoquant la même idée mais de façon plus floue.
les ambiances nocturnes : les ambiances nocturnes se traduisent par différents procédés. Tout d’abord, les tournures périphrastiques du terme « soir », dont certaines vienne d’êtreévoquées (par exemple, la première expression « Le jour tombe. ») ; on trouve également des tournures plus métaphoriques (« les couleurs tendres et indécises du crépuscule »), ou, par un hypallage, le poète parvient à rendre le tourment qui se fait dans les esprit le soir venu au soir lui-même. Les ambiances nocturnes se retrouvent également dans les sonorités, notamment celles engrangées par leterme « soir ».
B/ La symbolique traditionnelle de la nuit
une image de la folie : le premier exemple apparaissant dans le poème est celui de la folie. Le soir devient pour ce premier ami un voile qui vient lui dérober l’accès direct au monde : ainsi il ne reconnaîtra pas sa femme et son enfant, et en mourra de folie. La nuit est ici, dans sa dimension nocturne, opacité des signes sans réel accès àune réalité parallèle. Cette image de la nuit comme inversion des valeurs est traditionnelle dans l’imaginaire occidental.
une image du mal-être : le second exemple est peut-être plus moderne. De fait, il insiste sur le caractère dépressif de ce second « ami » du poète. Il devient, le soir venu, maniaque, anxieux, voire méchant. On reste toujours dans cette inversion des valeurs, mais sans allerjusqu’à la folie ; le mal de ce second exemple tend plutôt à évoquer ce que l’on a appelé quelques décennies avant Baudelaire le « mal du siècle », ce mal dont étaient atteints les Romantiques. Baudelaire, lui-même, connaîtra plus ou moins les mêmes symptômes, et peut-être faut-il voir dans la dissociation qui s’opère dans ce poème entre le « Poète » et le « second ami » cette ambiguïté de...
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