Le statut des esclaves aux colonies françaises sous l'ancien régime, à travers un extrait du code noir de 1670

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  • Publié le : 30 avril 2011
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Commentaire de texte d'histoire moderne :

Le statut des esclaves aux colonies françaises sous l'Ancien Régime, à travers un extrait du Code Noir de 1670

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Sous l'Ancien Régime, les Noirs sont des êtres inférieurs qui doivent respecter des règles strictes d'asservissement par des maîtres blancs ; tel est l'objectif du Code Noir : l'application juridique et officielle decette affirmation profondément ancrée dans les mœurs de l'époque. Le Code Noir est, en effet, un texte de loi issu de l'initiative de Colbert, mais publié deux ans après sa mort en mars 1685 par Louis XIV (1638-1715), le "Roi-Soleil". En effet, il préparé par le ministère de Colbert en 1670 avec son vaste projet de réformes générales du royaume qui visait à la relance de l'économie de la France avecdes compagnies commerciales. Cette loi fut rédigée à l'intention des colons des colonies françaises des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint-Christophe, l'île Bourbon, Saint-Bathélemy, Saint-Martin, Sainte-Lucie, la Grenade, Marie-Galante, Saint-Domingue et Sainte-Croix). Louis Sala-Moulins en dit que c'était le "texte juridique le plus monstrueux qu'aient produit les Temps modernes".En effet, il visait à maintenir dans les îles "la discipline catholique" et à régler, en soixante articles abordant tous les aspects de la vie quotidienne des Noirs "ce qui concerne l'état des esclaves" : religion, mariage, esclavage au quotidien, nourriture et habillement, statut juridique, justice, … Il reconnaît ainsi la légitimité de la traite des Noirs pratiquée par les colons jusqu'àl'abolition officielle de l'esclavage le 4 mars 1848.

En quoi le Code Noir de 1685 régule-t-il la vie des esclaves Noirs dans les colonies françaises ?

Il conviendra de voir le quotidien dans les interdits de la loi, avant d'étudier l'impact religieux sur la loi, puis l'impact juridique de la loi.

I. Le quotidien dans les interdits de la loi

1. La nourriture etl'habillement (article 22 à 27)

Les esclaves sont soumis à un dur rationnement alimentaire (article 22). En effet, l'esclave est affamé et rationné par une certaine quantité de nourriture à valoir pour la semaine ("par chacune semaine", "à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus (…) deux pots et demi (…) de farine de manioc[1], ou trois cassaves[2] pesant deux livres et demi (…) ou (…) deuxlivres de bœuf salé ou trois livres de poisson", "aux enfants, depuis qu'ils sont sevrés jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus"). De plus, il n'a pas accès à toutes les denrées alimentaires. Il dépérit donc rapidement. Or, un esclave suffisamment nourrit est plus productif. Ainsi, on peut supposer que cette mesure était plus respectée pour les esclaves travaillant dans les champs quepour les esclaves domestiques.
L'alcool fait des ravages dans l'histoire de la traite des Noirs (article 23 : "Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau-de-vie"). En effet, c'est un moyen pour le colon d'asservir encore plus l'esclave en le rendant alcoolique. En étant soumis à l'alcool, leur image d'infériorité s'intensifiait et ils ne pouvaient se défendre face au traitement des maîtresblancs.
L'article 24 quant à lui, interdit d'éluder l'obligation de nourrir l'esclave, car, pour se décharger de certain frais, les colons leur permettent de travailler un jour dans la semaine sur ses terres pour leur propre compte et ainsi se nourrir avec ce qu'ils trouverons ("en leur permettant de travailler certain jour de la semaine pour leur compte particulier"). Cette déchargeaugmenterait le sentiment d'autonomie de l'esclave, ce qui pourrait le conduire à la paresse, puis au vol, puis à la révolte.

Les esclaves étaient très peut vêtus (article 25). Leurs "vêtements" étaient fourni par leur maître pour une durée d'un an ("Seront tenus les maîtres de fournir à chacun esclave par chacun an (…)"). Mais l'application de cet article se faisait surtout "au gré" des maîtres...
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