Le structuralisme

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  • Publié le : 24 février 2013
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La page de Jean Lacroix
Le structuralisme de Claude LÉVI-STRAUSS

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| Le structuralisme est la méthode qui a fait faire aux sciences humaines en ce siècle d'immenses progrès et Lévi-Strauss est en France le maître du structuralisme. Il procède de l'application à l'anthropologie et aux sciences humaines d'un modèle linguistique. Son initiateur fut de Saussure, dans son Cours delinguistique générale. Les linguistes, comme Meillet ou Vendryès, s'efforçaient encore d'expliquer l'évolution d'une langue en la liant à celle d'une société. Saussure ne se préoccupe plus de genèse; il renverse les rapports entre système et histoire. Dans le langage, il distingue la langue qui est l'ensemble des conventions adoptées pour permettre l'exercice du langage chez les individus et la parolequi est cet exercice même. L'objet de la science linguistique c'est le système de signes, issu de la détermination mutuelle de la chaîne sonore du signifiant et de la chaîne conceptuelle du signifié. Ce système est structure. Le sens d'un terme ne se définit pas par son rapport avec un objet, mais par sa relation avec les autres mots de la langue : la signification est différentielle.

Enappliquant ce type d'analyse à l'anthropologie, Lévi-Strauss en garde l'esprit anti-historiciste. Le structuralisme est une combinatoire qui opère sans égard à l'histoire. Il diffère cependant de toute théorie de la forme. Formalisme et structuralisme se séparent en raison des attitudes différentes qu'ils adoptent envers le concret. A l'inverse du formalisme, le structuralisme refuse d'opposer leconcret à l'abstrait et de privilégier ce dernier. Laforme se définit par une matière qui lui est étrangère. La structure n'a pas de contenu distinct : elle est le contenu même, appréhendé dans une organisation logique comme propriété du réel. En ce sens le structuralisme, issu cependant du formalisme, s'y oppose nettement : un peu de structuralisme éloigne du concret, beaucoup y ramène. La penséesauvage n'est pas prélogique, mais logique. C'est la pensée travaillant à un premier niveau, celui du concret, c'est la "logique du concret".

C'est d'abord, et peut-être le mieux, à l'étude des systèmes de parenté que Lévi-Strauss a appliqué sa méthode. Comme le langage en effet, ce système est établi, non pas au niveau des termes, mais des couples de relation : mari-femme, père-fils,frère-soeur, oncle maternel et fils de la soeur. Comme le langage encore, la parenté est un système de communication. Elle ne se développe pas spontanément à partir d'une situation de fait, mais comme un système arbitraire de représentations : ce n'est pas une modalité biologique, mais une alliance. Les règles du mariage assurent la circulation des femmes au sein du groupe social et remplacent ainsi unsystème de relations consanguines d'origine biologique par un système sociologique d'alliance. La parenté est donc un " langage ", puisqu'elle assure entre les individus et les groupes un certain type de communication. Que le " message " soit ici constitué par les femmes du groupe qui circulent entre les clans, et non par les mots du groupe circulant entre les individus n'altère en rien l'identité duphénomène considéré dans les deux cas.

Le langage est échange, communication, dialogue. C'est ce qui se passe dans le mariage. Echanger des signes ou échanger des femmes, ce sont phénomènes comparables, auxquels on peut appliquer la même méthode structurale. La prohibition de l'inceste est la règle fondamentale qui fait naître l'homme à la vie culturelle. En effet elle est par excellence la règledu don. Elle interdit moins d'épouser mère, soeur ou fille qu'elle n'oblige à donner mère, soeur ou fille à autrui. " Il y a bien plus dans l'échange que les choses échangées. " Il y a la réciprocité. C'est pourquoi tout mariage est une rencontre dramatique entre la nature et la culture, entre l'alliance et la parenté. " L'émergence de la pensée symbolique devait exiger q ' ne les femmes,...